Expressions pour parler français.....

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Mar 9 Oct - 19:36




Quelle est l’origine de l’expression «recevoir une avoinée» ?

«Une avoinée» sert en argot à désigner une punition sévère, le plus souvent reçue par un enfant ayant une commis une bêtise.

L’expression date du 19ème siècle. A l’époque «l’avoine de cocher» désigne les coups de fouet administrés aux chevaux pour faire avancer de force un attelage.

La référence à l’avoine s’explique pour la raison suivante : 

pour faire avancer un cheval un coup de fouet avait la même efficacité que le fait de lui présenter de l’avoine à manger.

 En effet les graines d’avoine sont des céréales qui entrent depuis des siècles dans l’alimentation des chevaux et dont la promesse est pour eux une incitation efficace.

« Recevoir une avoinée » est donc une métaphore. Par extension l’avoine est devenue en langage familier «une série de coups ».

 Et le verbe « avoiner » désigne l’action de donner une correction à un individu.

roberto >


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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Mer 10 Oct - 20:21



Pourquoi dit-on « se tenir droit dans ses bottes » ?

Remise au goût du jour par Alain Juppé en 1995 cette expression n’a pas d’origine totalement attestée. 

Malgré cette incertitude il semble qu’elle vienne du monde militaire et en particulier des cavaliers 

qui avaient l’obligation d’adopter une posture droite sur leur selle et dans leurs bottes.

Avec le temps « se tenir droit dans ses bottes » a pris un sens figuré, presque moral, pour désigner une attitude déterminée, 

immuable et ferme, avec l’assurance d’avoir la morale de son côté.

Une autre origine a été soulevée par certains linguistes.

 Elle pourrait être ainsi en lien avec une autre expression d’origine flamande celle-là, « avoir une petite pièce dans ses bottes »

 utilisée pour désigner un état d’ébriété. La « petite pièce » empêchant de se tenir et de marcher droit.

 Donc à l’inverse en son absence on peut s’y tenir droit et avoir pleine possession de ses moyens et afficher de la détermination.

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  morticia le Jeu 11 Oct - 20:41

ça semble si logique quand je lis la réponse ! mdrrr

Mais je ne savais pas ! kisskiss:
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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Jeu 11 Oct - 21:57



D’où vient l’expression « avoir maille à partir » avec quelqu’un ?

Avoir maille à partir avec quelqu’un signifie être engagé dans un vif débat ou désaccord avec quelqu’un. 

Il peut s’agir d’une dispute.

L’origine de cette expression date des Capétiens à partir du 11ème siècle. A cette époque il y a plusieurs monnaies. 

On peut citer la livre et le sou qui en est le vingtième, mais aussi le denier qui est le douzième d’un sou et enfin la maille qui est la moitié du denier.

 La maille était donc en bas de l’échelle des monnaies.

 Elle était au Moyen Âge la plus petite monnaie de bronze du système divisionnaire des monnaies. Elle avait très peu de valeur.

Tellement peu de valeur qu’elle ne pouvait pas être divisée, partagée. Pour se l’approprier il fallait se la disputer.

 Ainsi l’expression serait née. Avoir maille à partir avec une personne voulait dire dès l’origine avoir un désaccord.

A noter que jusqu’au 17ème siècle on disait plutôt « avoir maille à départir » car jusqu’à cette époque « départir » signifiait « partager ».

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Ven 12 Oct - 23:44




Quelle est l’origine de l’expression « trois francs six sous » ?

« Trois francs six sous » est une somme d’argent ridicule.

Pour comprendre cette expression il faut remonter au temps des sous, nom donné à différentes monnaies depuis l’antiquité.

Rapidement trois francs six sous s’est mis à ne représenter que très peu d’argent. 

A la fin du 19ème siècle, cette somme représentait une journée de travail d’un ouvrier dans une usine de production ou à la mine.

Douze heures de dur labeur pour gagner une si petite somme permettant certes de d’acheter à manger mais guère plus.

Malgré les nouveaux francs successifs l’expression est restée. 

Mais de nos jours le passage à l’euro risque bien de mettre un coup fatal à son usage.

Le mot « sou » à donner lieu à un nombre incalculable d’expressions françaises.

On peut notamment rapprocher trois francs six sous de la locution voisine « de quatre sous », 

visant elle aussi les choses sans valeur, et « sou par sou » signifiant petit à petit.

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Sam 13 Oct - 20:09




Pourquoi dit-on «de but en blanc» ?


L’origine de cette expression signifiant « directement » ou « sans précaution » est militaire.

S’agissant de la dernière partie de l’expression, « le blanc » fait référence au centre des cibles à atteindre lors des tirs d’essai de canon de l’armée au 17ème siècle.

Quant au « but », il vient de la déformation de la « butte de tir », 

c’est-à-dire le point d’où l’on tire, un endroit surélevé permettant aux artilleurs de se placer légèrement au-dessus du canon.

Les tirs d’entrainement avaient pour objet de viser directement depuis la butte vers le blanc, 

c’est-à-dire le centre de la cible. De la butte au blanc, devenu progressivement « de but en blanc ».

Cette opération étant un tir de routine, elle pouvait être renouvelée instantanément.

 De plus la trajectoire du tir était directe, en ligne de droite. Aucun calcul savant ou orientation particulière du canon n’était nécessaire.

 Le sens de l’expression s’explique donc en raison tout  à la fois du caractère rapide et précis du tir

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Dim 14 Oct - 15:54



Pourquoi dit-on « un gros bonnet » ?


Un gros bonnet est quelqu’un d’importance, socialement ou financièrement.

L’origine de la locution remonte au 17ème siècle.

 A cette époque les clercs de justice comme les docteurs de la Sorbonne portaient des bonnets carrés ou ronds. 

Mais pas seulement eux. Portaient également des bonnets les ecclésiastiques et les juges entre autre.

 Bref tous les gens qui avaient atteint un certain rang social.

Puis l’usage de l’expression a glissé des personnes « respectables » à tous les individus riches,

 quel qu’ait été par ailleurs la moralité ou la légitimité de leur parcours.

Cette expression est à rapprocher de cette autre née également au 17ème siècle : « bonnet blanc, blanc bonnet »

 pour désigner deux choses d’apparence différentes mais qui sont en réalité à peu près identiques.

 Malheureusement pour cette dernière expression l’origine reste inconnue.

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  morticia le Dim 14 Oct - 18:01

Ça semble si clair quand je te lis Roberto !!! Very Happy
Pourtant je ne m'étais pas posé la question !! Merci !!!!super
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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Lun 15 Oct - 20:52



Quelle est l’origine de l’expression « à la queue leu leu » ?


Cette expression date du Moyen Âge. En français médiéval un «leu» signifie un « loup ».

 Ces animaux sont alors beaucoup plus fréquents que de nos jours dans les forêts.

 Il n’est pas rare d’en croiser dans les campagnes de France.

 Le loup comme le renard tiennent ainsi une place importante dans l’imaginaire des peuples vivant à cette époque.

Dès le 11ème siècle on utilise le terme « leu », dérivé du latin « lupus », pour parler d’un loup. 

Or quand ils se déplacent, les loups sont souvent les uns derrière les autres. 

 Ainsi on a vu naitre naturellement l’expression «à la queue du leu, un leu» pour dire que « c’est à la queue d’un leu qu’on trouve un autre leu » 

ou en français moderne que c’est derrière un loup que l’on trouve un autre loup.

Avec le temps l’expression a été simplifiée par l’abandon des articles.

On en trouve la première trace écrite au XVIe siècle pour désigner un jeu dans Gargantua de Rabelais

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  morticia le Mar 16 Oct - 10:05

C'est vrai ça !!!! Ayant fait du latin , j'aurai dû faire la liaison nom d'une pipe !!!
Hé bien non..............c'est notre ami Roberto qui éclaircit pas mal de citations tellement courantes ..que ça devient machinal de les sortir !!
Merci Roberto ; j'apprécie beaucoup titfleur super biz
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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Mar 16 Oct - 20:06



Pourquoi dit-on «être de mèche» ?

« Etre de mèche » marque la complicité, la connivence d’une personne avec une autre dans l’accomplissement d’un acte le plus souvent répréhensible.

Dans la langue provençale le terme «mech» signifie « moitié ». 

Et en italien on dit « mezzo ». De la même racine latine, le terme de « mèche » fut utilisé dès le 18ème siècle dans le monde du banditisme. 

L’expression « être de mèche » signifiait alors faire « moitié moitié » sur l’argent d’un coup, être de moitié dans une affaire.

 Ainsi les voleurs ou les criminels qui étaient de mèche faisaient 50/50.

Le langage courant a ensuite retenu la complicité au détriment du partage équitable des fruits lors d’une action illégale.

A noter enfin qu’on retrouve le mot « mèche » dans l’expression « vendre la mèche », c’est-à-dire vendre sa moitié.

 Mais il ne s’agit pas de la même mèche puisque celle-ci est celle qui à la fin du 16ème siècle permettait de faire exploser des mines.

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Mer 17 Oct - 19:49

Qu'en voilà une bonne !!!!!!




Pourquoi dit-on « prendre son pied » ?

C’est aux corsaires du 18ème siècle que l’on doit cette expression.

 Rappelons ici que les corsaires sont des marins au service du roi, contrairement aux pirates.

 Quand ces marins attaquaient et pillaient un bateau ils devaient partager le butin de façon équitable entre le roi, 

l’armateur et l’équipage. Pour se faire ils avaient recours à la longueur d’un pied, soit 33 centimètres, comme unité de mesure de l’or

 ou autres marchandises trouvés à bord. Les corsaires prenaient donc au sens propre leur pied pour s’attribuer leur part.

Quant à la connotation sexuelle de l’expression elle serait liée à l’utilisation faite ensuite par les corsaires d’une partie de leur argent.

 Ils prenaient leur pied en allant passer du bon temps avec les prostituées.

Selon une autre explication l’expression ferait référence à une position sexuelle datant de l’Antiquité.

 Pendant l’acte, elle consisterait pour la femme à attraper son pied dans le but d’avoir plus de plaisir. 

Et il est vrai que sur de nombreuses représentations la femme est représentée à l’apogée de son plaisir son pied en main.

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Message  roberto > le Jeu 18 Oct - 19:30




Pourquoi dit-on « faire du boucan » ?

L’action de « faire du boucan » consiste dans le langage familier à faire beaucoup de bruit.

Le mot « boucan » vient directement du mot « bouc » dont le verbe « boucaner » signifie en ancien français du 17ème siècle, imiter le cri du bouc.

 Et dans la Bible il est un animal maudit. Plus tard il prit un sens additionnel puisque le boucan devint synonyme de « bordel », 

lieu qui a son tour pouvait facilement évoquer le vacarme.

 La prostituée était la « boucanière » et « boucaner » consistait à fréquenter ces lieux de débauche.

En raison du bruit que pouvaient générer les maisons closes, faire du boucan signifia rapidement « faire un bruit excessif ».

On retrouve d’ailleurs le mot « boucan » dans un certain nombre d’autres expressions dans lesquelles

 il revêt une signification amplifiée comme « faire un boucan d’enfer ».

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Sam 20 Oct - 8:56




Pourquoi dit-on « travailler du chapeau » ?

De nos jours beaucoup pensent simplement que le chapeau de l’expression est une métaphore de la tête et

 que le fait de travailler de cette partie du corps signifie être trop agité, comme dans l’expression « travailler de la toiture ».

 Mais en réalité l’expression a une toute autre origine.

« Travailler du chapeau » c’est à dire souffrir de troubles mentaux ou tout simplement ne plus avoir toute sa tête,

 trouve son origine dans les chapelleries du 19ème siècle.

 Dans ces ateliers de confection on utilisait le feutre comme matière de base pour fabriquer les chapeaux.

 Le feutre était lui-même obtenu à partir de poils d’animaux et de nitrate de mercure en guise de forte colle.

 Or ce produit chimique intoxiquait les ouvriers qui le manipulaient ou le respiraient. 

Car le nitrate pouvait rester en suspension dans l’air de l’atelier tout en s’évaporant.

 Et ces vapeurs étaient ensuite facilement assimilées par les organismes, causant des dommages cérébraux.

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Re: Expressions pour parler français.....

Message  roberto > le Sam 20 Oct - 22:26



Ainsi, un point d'orgue est un moment intense, qui se démarque. 

Au sens propre, le point d'orgue revêt une signification pourtant bien différente. 

C'est le signe qui se situe au dessus d'une note et indique au musicien qu'il faut qu'il marque un temps de silence, plus ou moins long.

L’expression de la semaine : Mettre un point d’orgue

Aujourd'hui, cette expression désigne le fait de marquer le paroxysme d'une succession d'événements. 

Ainsi, un point d'orgue est un moment intense, qui se démarque. Au sens propre, le point d'orgue revêt une signification pourtant bien différente. 

C'est le signe qui se situe au dessus d'une note et indique au musicien qu'il faut qu'il marque un temps de silence, plus ou moins long.

Le qualificatif « d'orgue » vient du fait que si la note est jouée à l'orgue, elle doit être tenue pendant le temps de repos.

Au sens figuré en revanche, l'explication est beaucoup plus complexe et trouve son origine en Italie. 

Certains points d'orgue y étaient appelés cadenza (cadences en français) car ils étaient placés sur la première note d'une cadence finale - 

les cadences sont des formules harmoniques, destinées à ponctuer, à conclure ou à provoquer un enchaînement dans un morceau.

Le milieu de la musique italienne voit alors apparaître une tendance, celle de désigner une cadenza comme un « moment cruel », 

parque le musicien était alors en mesure de laisser libre cours à ses envies et à son talent.

Ce moment pouvait donc être brillant mais également pénible pour l'auditoire, au cas où le musicien soit d'un niveau médiocre et ne sache pas user de cette liberté,

transformant le concert en un « moment cruel ». Dans les deux cas, le point d'orgue désigne l'instant paroxysmique

du concert et se rapproche grandement du sens qu'on connaît aujourd'hui à cette expression.

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Message  roberto > le Sam 20 Oct - 22:31





Le dernier des ciseliers de Haute-Marne

À Charmoilles, un jeune passionné de coutellerie fraîchement formé au polissage pourrait bien relancer la société Floriot-Visto avec deux autres salariés.

Une reprise qui sonne comme un miracle.



À 83 printemps, le patron a enfin trouvé la relève.




Il faut compter en moyenne une cinquantaine d'étapes pour fabriquer une paire de ciseaux.



Hubert Floriot avec des ciseaux de tailleurs.




Environ 15.000 paires de ciseaux sortent chaque année des ateliers de la société Floriot-Visto.
Par Jean-Marc Toussaint
Ça, ce sont des ciseaux pour égaliser les poils de tapis. Ceux-là, avec une lentille au bout, étaient employés par les barbiers pour couper les poils du nez. Et ces ciseaux très pointus sont utilisés par les vendangeurs pour retirer un grain abîmé dans une grappe de raisin de table. On en fabrique encore un peu, notamment pour les producteurs de chasselas à Moissac », explique Hubert Floriot. Quand il est entré chez Floriot-Visto en 1957, les ciseliers haut-marnais constituaient encore une corporation puissante qui produisait une variété de ciseaux que l’on a peine à imaginer aujourd’hui. Les électriciens, les chapeliers, les coiffeurs, les tailleurs de cuir, les télégraphistes, les brodeuses, les tullistes et bien d’autres professions avaient tous une ou plusieurs paires de ciseaux spécifiques à leur métier. « On en produisait des centaines, de toutes les tailles, y compris pour l’industrie. Et puis en ce temps-là, il y avait encore des commerces de détail, des merceries, des quincailleries pour vendre nos produits. On fournissait même les galeries Lafayette », raconte Hubert Floriot. Une époque révolue. D’abord parce que nombre de ces métiers ont disparu. Mais aussi parce que les grandes surfaces, qui ont pris le relais de la vente au détail, ne commercialisent plus que des ciseaux standardisés, produits essentiellement en Asie. « Ça ne coûte pas cher, mais ça ne vaut pas plus. La plupart de ces ciseaux ne sont même pas trempés et ils ne coupent pas », tance Hubert Floriot. Il n’empêche, comme souvent, le consommateur n’y a vu que le prix. Et comme l’usage des ciseaux a fortement changé, il s’est contenté de ces produits au rabais. Conséquence directe, la profession a subi, en quarante ans, une saignée des plus sévères.
« On fait encore un peu de tout, mais en petites séries »
« En 1975, la cisellerie-coutellerie représentait environ un millier d’emplois dans le bassin de Nogent. Aujourd’hui, on n’est guère qu’une cinquantaine et il n’y a plus que trois ateliers qui fabriquent des ciseaux », calcule le vieil homme. Tous sont condamnés à court terme et la société Floriot-Visto pourrait bien être la dernière. « Il n’est plus question de tourner à vingt salariés, comme ce fut le cas dans les années 70, mais à trois on s’en sort encore bien, d’autant que les machines sont largement amorties », explique Hubert Floriot. Sa société aurait pu finir comme les autres, mourir à petit feu jusqu’au départ du patron. Une sombre perspective que le départ à la retraite du dernier polisseur, en février dernier, avait rendue encore plus plausible. Comme une fatalité. Sauf que depuis, il s’est produit un petit miracle. Un jeune soudeur d’une trentaine d’années, forgeron amateur, passionné par la coutellerie, a souhaité apprendre le métier. « Il garde son emploi à 80 % et travaille chez nous les 20 % restant, le temps qu’on le forme. Il a donc deux employeurs, deux salaires », explique Hubert Floriot, ravi de voir ce sang neuf couler à nouveau dans les veines de son entreprise. Pour lui, qui affiche 83 printemps au compteur, il sera bientôt temps de passer la main. « Je souhaite transmettre l’entreprise à mes ouvriers. C’est un soulagement et en même temps une vraie satisfaction de voir que cet héritage va pouvoir continuer », souffle-t-il, un brin ému. D’autant qu’avec la disparition de presque tous les concurrents sur le secteur, l’activité reste correcte. « On fait encore un peu de tout, mais en petites séries : des sécateurs, comme des ciseaux à broder ou des ciseaux industriels. On fait même encore des ciseaux dorés à l’or fin », indique Hubert Floriot. Soit quelque 15.000 paires par an. Encore assez pour faire vivre cette vieille entreprise fondée il y a plus de 120 ans.

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