L'Art au quotidien

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Message  roberto > le Sam 11 Aoû - 22:51

L'art et rien que l'art, que nous enseigne l'art ?
 
En lui-même l'art n'a que peu de choses à nous dire , et encore moins à nous apprendre .
 
Il est dit-on fait pour le pur plaisir , tout en n'étant qu'une expression subjective de l'artiste .
 
Et pourtant ces affirmations sont fausses , c'est tout son contraire et c'est ce que je vous propose de démontrer.
 
Ici je vais essayer (preuves à l'appui) de vous montrer la réalité  et de dévoiler la vérité .
 
J'ai fait mienne cette citation :
 
 
L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité.
 
Friedrich Nietzsche

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Sam 11 Aoû - 22:55


Aujourd'hui : "Des mensurations parfaites"
Où l’on fait la connaissance d'un homme idéal.



Léonard de Vinci, L’Homme de Vitruve, 1492, plume et encre sur papier, 34,3 x 24,5 cm, Galerie de l’Académie, Venise

C’est l’une des œuvres les plus célèbres de Léonard de Vinci : 
le dessin d’un homme nu, dont les membres dédoublés s’inscrivent à la fois dans un carré et dans un cercle. 
L’Homme de Vitruve fascine et laisse songeur… Qu’est-ce qui se cache derrière ce chef-d’œuvre de la Renaissance italienne ?
C’est bien simple, pour Léonard, voilà l’homme idéal ! Il l’a représenté avec des proportions calculées de manière mathématique, 
pour que son corps puisse s’inscrire dans les deux formes géométriques "parfaites" que sont le carré et le cercle. Même son nombril est au centre du cercle !



Détail de l'œuvre

Par ce dessin, Léonard de Vinci illustre la philosophie humaniste de la Renaissance, où l’homme est la mesure de toute chose. 
La preuve ? Il délimite par de petits traits des parties du corps de L’Homme de Vitruve.
Elles peuvent servir à tout mesurer, en pas, en brassées, en paumes, etc.
Puis, dans le texte sous son dessin, Léonard détaille soigneusement ce système de mesure



Sébastien Leclerc, Vitruve présentant son ouvrage De Architectura à l'empereur Auguste, vers 1684, gravure
Et alors, pourquoi "Vitruve" ? Parce que ce système, Léonard ne l’a pas inventé. 
Il s’inspire d’un traité d’architecture antique rédigé par un certain Vitruve, où ce dernier décrit justement comment
un corps humain idéal peut servir d’unité de mesure pour construire des édifices



Léonard de Vinci, Autoportrait présumé, vers 1512, craie rouge sur papier, 33 x 21 cm, Bibliothèque royale de Turin

Pourtant, ce système de mesure est difficile à appliquer. Car si cela fonctionne avec L'Homme de Vitruve, c’est parce que ses proportions sont parfaites.
Sauf que cela n’existe pas en vrai…
Chaque être humain a une taille et une morphologie différentes. 
Par conséquent, il est impossible de se baser sur un corps "normal" pour concevoir des édifices.
Léonard de Vinci, également anatomiste et pratiquant des dissections, ne pouvait pas l’ignorer !

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Dim 12 Aoû - 13:58

 
Aujourd'hui : "Cette fois, c’est la bonne !"
 
Où l’on découvre que ce n’est pas facile tous les jours d’être un opéra.
 
 

 
Anonyme, Les pompiers arrêtent un incendie dans le Staatsoper après un raid aérien, avril 1941, photographie, Archives fédérales allemandes, Coblenc
 
1941. La ville de Berlin vient d’être bombardée par les Alliés. Des quartiers entiers sont en ruine.
Parmi les décombres se dressent les vestiges de l’un des opéras de la ville, le prestigieux Staatsoper ("opéra d’État"), construit deux siècles plus tôt.
Pour Hitler, il est hors de question que le bâtiment détruit, où se déroulaient les cérémonies officielles du IIIe Reich, devienne un symbole de défaite…
 

 
Adolf Hitler au Staatsoper, pour la "Journée des Héros", 1934, photographie
 
Très vite, le dictateur ordonne la reconstruction de l’opéra. Il veut que l'édifice ressemble comme deux gouttes d’eau à ce qu'il était avant la guerre :
une architecture classique, inspirée de l’antiquité, avec d’impressionnantes colonnes en façade… Comme si rien ne s’était passé !
 

 
Le Staatsoper après les destructions, Berlin, 1945, photographie
 
Un an plus tard, le Staatsoper flambant neuf rouvre ses portes en grande pompe.
Sauf que le message rassurant voulu par le dictateur tombe à l’eau : 26 mois plus tard, rebelote, l’opéra est à nouveau détruit.
 

 
Un ouvrier lors de la reconstruction du Staatsoper, 1953, photographie, Archives fédérales allemandes, Coblence
 
Après la guerre, il faut attendre quelques années avant que sa reconstruction soit envisagée.
En 1952, l’architecte Richard Paulick reçoit la difficile mission de redonner vie au Staatsoper.
Et ce n’est pas une évidence pour cet architecte de l’avant-garde ! Cette fois, Paulick ne respecte pas tout à fait le style d’origine de l’opéra.
C’est totalement voulu : en ajoutant des éléments modernes à l’architecture classique, Paulick souhaite créer des liens entre le passé du bâtiment et l’Allemagne présente.
 

 
Le Staatsoper, Berlin, photo : Alexander Schippel
 
Lors de la réouverture trois ans plus tard, l’opéra devient le symbole de la paix. Et après la réunification en 1990, son prestige grandit encore !
 
La reconstruction du Staatsoper a cette fois tenu bon. Aujourd’hui, entre ses murs, la musique a repris ses droits.

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Re: L'Art au quotidien

Message  morticia le Dim 12 Aoû - 15:08

Là tu t'attaques a du Lourd ami Roberto !! mdrrr

Disséquer Freud et compagnie , c'est pas vraiment un délassement pour mon petit neurone ... jycroispas ptdr

:kopf :kisskiss:
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Message  roberto > le Dim 12 Aoû - 17:54

morticia a écrit:Là tu t'attaques a du Lourd ami Roberto !!  mdrrr

Disséquer Freud et compagnie , c'est pas vraiment un délassement pour mon petit neurone ... jycroispas ptdr

:kopf :kisskiss:


On va essayer de gérer au mieux .

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Mar 14 Aoû - 8:27

 
Aujourd'hui : "Pile dans l'axe"
 
Où l'on découvre un baron qui fait des caprices.
 

 
Caricature du baron Haussmann en "artiste démolisseur", Second Empire, dessin, Bibliothèque de l'université de Brown
 
Paris, XIXe siècle. L’empereur charge le baron Haussmann, préfet de la Seine, de repenser complètement la ville de Paris.
Finis les ruelles tortueuses et les immeubles insalubres ! Place à un réseau d'égouts digne de ce nom et à de grandes avenues.
Mais le dévouement total du baron à son projet frise l’obsession… Jusqu’où ira-t-il pour réaliser le Paris de ses rêves ?
Pendant des années, plus de la moitié de la capitale est en travaux ! Les bouleversements sont tels qu’on surnomme Haussmann
“Attila le Hun”, du nom d’un guerrier réputé sans pitié.
 

 
Pierre Emonts, Démolition de la butte des Moulins en vue de la création de l'avenue de l'Opéra, vers 1870, photographie, Bibliothèque de l'université de Brown
 
Le baron exige la destruction de quartiers entiers, il ajoute de nouveaux parcs, et surtout, il fait percer des avenues larges et aérées.
Pour que l’effet visuel de ces avenues soit encore plus réussi, il faut qu’elles débouchent sur un monument.
Haussmann tient particulièrement à cette structure, quitte à bousculer d’importants chantiers !
 

 
Vue aérienne du boulevard de Sébastopol depuis la tour Saint-Jacques
 
Et justement, le baron est très agacé. Le boulevard de Sébastopol, qui divise la ville entre Est et Ouest, ne débouche sur rien !
On aperçoit bien un bout du futur tribunal de commerce, encore en construction, mais cela n’a rien de spectaculaire :
la future coupole du monument ne sera pas visible depuis le boulevard.
 

 
Antoine-Nicolas Bailly, Tribunal de commerce de Paris, 1865, Paris
 
Haussmann ne se laisse pas abattre par cette contrariété. Il a trouvé un moyen de préserver l’effet voulu.
Il exige tout simplement le déplacement de la coupole pour qu’elle soit dans l’axe du boulevard de Sébastopol.
Tant pis pour la symétrie du bâtiment !
Le dôme est ainsi largement excentré, donnant une drôle d’allure au tribunal.
 

 
Vue du boulevard de Sébastopol vers le sud avec au loin le dôme du tribunal de commerce
 
Mais au moins, la vue du boulevard de Sébastopol est sauve !
Aujourd’hui, il faut être un piéton pour l’admirer : le boulevard est en sens unique et les voitures lui tournent le dos...

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Mer 15 Aoû - 9:49


Aujourd'hui : "La main dans le sac !"
 
Où l’on fait la connaissance d’un roi qui fait le ménage
 

 
Château d'Azay-le-Rideau, photo : ©️ Léonard de Serres / Centre des monuments nationaux
 
 
Gilles Berthelot est un homme riche. Vers 1510, sa charge de trésorier de France lui donne les moyens de concrétiser son désir de prestige.
Le voilà qui achète un château sur les bords de l’Indre ! Mais la forteresse en question, Azay-le-Rideau, est un peu trop médiévale à son goût.
Il va la transformer radicalement…
 
 

 
château d'Azay-le-Rideau, photo : ©️ Léonard de Serres / Centre des monuments nationaux
 
Finis les épais remparts défensifs, place à ce qui se fait de plus raffiné !
En pleine Renaissance, la mode est à l’architecture italienne, avec des façades décorées et percées de grandes fenêtres.
Pour mettre son château au goût du jour, Berthelot ne lésine pas sur les dépenses.
À la place des escaliers en colimaçon du Moyen Âge, il fait construire un majestueux escalier droit, l’un des premiers exemples français à nous être parvenu.
 

 
Vue aérienne du château d'Azay-le-Rideau, photo : ©️ DR
 
Sauf que le plan du bâtiment, en "L", peut surprendre quand on connaît la passion de la Renaissance pour la symétrie.
Comme beaucoup de châteaux renaissants, il aurait dû avoir une aile en plus pour former un plan en "U".
L’explication derrière cette aile manquante serait politique…
 
 

 
Anonyme, Portrait de François Ier, XVIe siècle, huile sur toile, Château d'Azay-le-Rideau,
photo : ©️ Patrick Müller / Centre des monuments nationaux
En 1527, le roi François Ier fait un grand ménage parmi ses financiers.
Effectivement, certains d’entre eux n’ont pas seulement rempli les caisses de l’État :
ils ont également garni leurs poches au passage. Condamné, Berthelot est déchu de ses fonctions.
Il s’enfuit, laissant en plan son épouse et le chantier de son château inachevé !
 
Au fil des siècles, les propriétaires successifs ne toucheront plus au plan en "L".
Aujourd’hui, Azay-le-Rideau est considéré comme un joyau de l’architecture Renaissance !

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Sam 18 Aoû - 10:46


 

 
Aujourd'hui : "Tu me fais tourner la tête"
 
Où l'on découvre que l'œuvre n'est pas là où on l'attend
 

 
Piero Manzoni, Socle du monde (hommage à Galilée), 1961, acier Corten, 82 x 100 x 100 cm, Musée d'art Contemporain de Herning ©️ ADAGP, Paris 2017
 
Au Musée d'art Contemporain de Herning, au Danemark, se trouve une œuvre surprenante.
Il s’agit d’un imposant socle en métal posé au milieu de la pelouse.
Voilà un objet intrigant : il ne supporte aucune sculpture ! Que fait-il là, tout vide ?
 

 
L'artiste Piero Manzoni, années 1960
 
Ce cube très minimaliste est sorti de l’imaginaire de l'artiste italien Piero Manzoni.
Ce dernier s’inscrit dans l’art conceptuel, c’est-à-dire que le concept de l’œuvre est plus important que sa réalisation et son apparence esthétique.
Ici, on a bien du mal à voir où l'artiste a mis la main à la pâte ! Manzoni a simplement demandé à un métallurgiste de réaliser ce cube et d'écrire sur sa surface.
En effet, il y a bel et bien une inscription sur ce socle. Mais pour la lire, il faut se tordre le cou : le texte est à l'envers !
 

 
Piero Manzoni, Socle du monde (hommage à Galilée), 1961, acier Corten, 82 x 100 x 100 cm, Musée d'art Contemporain de Herning ©️ ADAGP, Paris 2017
 
Une fois la tête en bas, on découvre le titre de l'œuvre : Socle du monde.
Effectivement, quand on observe l’œuvre dans le même sens que son titre, tout s’éclaire…
Le socle ne repose pas sur le sol, il le porte ! Comme si la planète entière, avec tous les êtres qu’elle contient, devenait l’œuvre d’art.
Tout notre univers est chamboulé : nous sommes sur la terre, et la terre est posée sur ce socle…
Et ce dernier, sur quoi repose-t-il ? Manzoni nous fait soudain réaliser que notre planète flotte dans l’espace.
Quelle position instable ! Finalement, il n’y a pas que la lecture la tête à l'envers qui nous donne le vertige.

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Mer 22 Aoû - 8:23


 
 

 
 
Aujourd'hui : "Ni vu, ni connu !"
 
Où l'on découvre comment peindre quelqu'un que l'on n'a jamais rencontré.
 

 
Tiziano Vecellio dit Titien, Autoportrait, vers 1550-1562, huile sur toile, 96 x 75 cm, Gemäldegalerie, Berlin
 
En 1539, le peintre italien Titien reçoit une prestigieuse commande.
Il s’agit d’un portrait représentant un des hommes les plus puissants d’Europe, le roi François Ier.
Mais il y a un tout petit problème : Titien habite à Venise et n’a jamais vu le roi ! Comment faire pour montrer toute la majesté de cet homme qu’il ne connaît pas ?
Par chance, Titien n’est pas le seul à avoir fait un portrait de François Ier. Deux ans plus tôt, un sculpteur italien a gravé les traits du roi sur une médaille.
 

 
Benvenuto Cellini, Médaille de François Ier, vers 1540, bronze, 3 x 3 cm, Musée national du Bargello, Florence
Comme c’est un petit objet, facile à transporter, Titien peut la consulter à Venise. La médaille lui sert alors de modèle.
Sauf que sur celle-ci, il n’y a pas beaucoup de détails, et le roi est représenté de profil, non de face.
Cela ne donne pas un aperçu très complet du visage du monarque…
Malgré tout, Titien arrive à tirer parti de ces contraintes.
 

 
Tiziano Vecellio dit Titien, Portrait de François Ier, 1539, huile sur toile, 1,09 m x 0,89 m, Musée du Louvre, Paris
 
Il positionne le corps du roi de trois-quarts, dans un costume très ample, sans couronne ni bijoux.
Et pour l’attitude générale ? Il se fie à la réputation du roi, que l'on dit bon et majestueux.
Il cherche donc à mettre en valeur son visage comme sa personnalité, et non sa richesse.
Pour y arriver, Titien transforme la position statique du profil en un mouvement dynamique de la tête sur le côté,
ce qui lui donne un air volontaire et déterminé. Le petit sourire bienveillant correspond aussi au caractère du roi.
D’après une simple médaille, Titien parvient ainsi à traduire la personnalité de François Ier sans jamais l’avoir vu !

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Ven 7 Sep - 14:54


 
Buste reliquaire de sainte Marguerite
 
attribué à l’École troyenne (XVIe  siècle)
 

 
©️ Musée de l’Apothicairerie de Troyes
 
Avant d’arriver en 1976 dans les vitrines du très beau musée de l’Apothicairerie à Troyes, et
 
de trôner aujourd’hui dans la pièce voisine de celle qui contient l’exceptionnelle collection de plus de 300 boîtes médicinales en bois peint,
 
ce buste reliquaire était visible juste en face, dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu actuellement en réfection.
 
Il représente sainte Marguerite, patronne des femmes enceintes. La légende veut qu’elle fût avalée par un dragon, dont elle transperça miraculeusement
 
le ventre pour en sortir indemne au moyen d’une croix. Et si, dans le premier catalogue qui en fait mention,
 
ce buste reliquaire était, certes, daté par erreur du XVe  siècle, il y était toutefois très poétiquement décrit comme étant d’« argent sur âme de bois »…
 
Des études stylistiques plus poussées ont permis ensuite de l’attribuer à l’École troyenne de sculpture, et donc de le rajeunir d’un siècle,
 
mais il n’en demeure pas moins tout de bois polychrome recouvert de feuilles d’argent, de bronze, et orné de cabochons.
 
Dont le plus gros, en cristal de roche au milieu du socle, arbore une petite figure de la Vierge peinte sur parchemin.
 
Laquelle forme, avec l’ange représenté sur le buste reliquaire de saint Barthélémy, une scène de l’Annonciation.
 
Car si la chapelle basse était dédiée à sainte Marguerite, la chapelle haute l’était à saint Barthélémy, patron des tanneurs et des teinturiers.
 
Il ne s’agirait donc pas aujourd’hui de séparer ces deux bustes reliquaires qui autrefois se sont tant promenés ensemble de diocèse en diocèse !
 
On imagine facilement que les quêtes visant à récolter les dons nécessaires au fonctionnement de l’hôpital,
 
dont la gestion était confiée au clergé comme tous les Hôtels-Dieu de l’époque, étaient en effet bien plus rentables si l’on avait des fragments
 
du corps des saints à présenter ! Au sommet de la tête de sainte Marguerite, comme de celle de saint Barthélémy, une ouverture circulaire est donc aménagée.
 
Qui permettait de voir les fameuses reliques, peut-être des morceaux de crâne ou des mèches de cheveux au vu de leur emplacement… mais en tout cas aujourd’hui disparues.

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Sam 8 Sep - 10:14


 
Besançon, "capitale" du street art
 
L’art de rue se démocratise.
 
À Besançon (25), les œuvres fleurissent un peu partout dans l’espace public.
 
Le regard des habitants change. Décryptage d’un phénomène underground en passe de s’institutionnaliser.
 
 
 
 

 
L’une des créations murales de Momo qui est venu plusieurs fois au festival « Bien urbain ».
 
 
 

 
" La propriété ", une œuvre de l'artiste espagnole Elisa Murcia Artengo.
 
 

 
 
Le street art peut aussi être éphémère.
 
 
 

 
 
L'art urbain peut apparaître dans des endroits plus inattendus comme ces céramiques utilisées pour boucher les nids-de-poule dans les rues de Besançon.
 
 
Par Jean-Marc Toussaint
 
Sur le mur, il y a un homme qui fait de la trottinette, la jambe d’appui exagérément relevée.
 
Dans son dos, un vieillard, tête baissée, arc-bouté sur sa canne, consulte son téléphone portable
 
. Ces caricatures en noir et blanc, grandement inspirées de l’univers de la BD, sont peintes en enfilade sur le mur d’enceinte
 
d’une copropriété de la rue Jean-Jacques Rousseau à Besançon. Les passants n’y font même plus attention.
 
Cette fresque du quotidien, œuvre de l’artiste danois HuskMitNavn, est désormais intégrée à la ville.
 
Elle a été réalisée en 2015, lors de la cinquième édition de « Bien urbain », un festival organisé en juin par l’association
 
« Juste ici » (https://bien-urbain.fr/fr/). Chaque année, une quinzaine d’artistes internationaux, parmi les plus influents de leur génération,
 
investissent la cité, ses murs, ses rues. En sept ans, 220 œuvres ont été réalisées et 91 sont toujours visibles.
 
« Les autres étaient soit éphémères ou ont été englouties par l’évolution naturelle de la cité », explique le directeur artistique du festival, David Demougeot.
 
Ce bouillonnement artistique fait de Besançon l’une des villes référence en matière de street art au niveau national. Momo, Eltono, Ox, Remed et
 
quelques autres figures du genre sont passés par là. La démarche est soutenue financièrement par la ville.
 
L’association se charge de négocier avec l’architecte des Bâtiments de France et les propriétaires de murs ou de bâtiments ciblés.
 
« Ensuite, l’artiste a carte blanche pour réaliser une œuvre contextualisée. Son travail, on le découvre en même temps que le public.
 
Il n’y a pas de commande. L’artiste est payé, mais il garde sa liberté de créer.
 
En fait, tout repose sur la confiance mutuelle », explique David Demougeot.
 
Aussi, ces artistes sont pour la plupart liés à l’univers transgressif du graffiti.
 
Naturellement, ils portent en eux une forme d’irrévérence vis-à-vis du pouvoir.
 
D’où certaines créations réalisées sans autorisation, comme ces mirages en céramique colorés et émaillés qui rebouchent les trous des trottoirs.
 
« Au final, tout le monde a trouvé ça utile et sympa, mais il est probable que l’architecte des Bâtiments de France n’aurait jamais donné son accord,
 
si le projet lui avait été présenté en amont », admet David Demougeot, qui doit faire avec cette spontanéité, propre à l’art de rue.
 
Il n’empêche, la démarche a le mérite de confronter ces artistes aux habitants de la ville. Ce qui permet de tisser du lien, de se parler.
 
« Petit à petit, la perception négative véhiculée par le citoyen lambda s’estompe.
 
Et il y a aujourd’hui une meilleure acceptation », observe Chloé Cura, l’autre cheville ouvrière de l’association.
 
Mieux, il existe désormais une demande, émanant de propriétaires en mal de fresques.
 
Un comble ! Paradoxalement, le rejet le plus vif vient désormais du monde du graffiti.
 
De cette frange qui refuse toute accointance avec les institutions et le commerce de l’art. Témoin ce tag
 
« C’est bien rupin » en référence au festival « Bien urbain » qui apparaît au bas de plusieurs fresques du centre-ville.
 
Des messages perçus « comme un dialogue critique » par l’association. « Il y a toujours des graffeurs qui s’opposent au pouvoir.
 
Il est donc normal que notre positionnement les dérange », souligne David Demougeot, en rappelant que « 90 % des artistes présents
 
au festival sont eux-mêmes issus de l’univers du graffiti ». Aussi, l’association qui s’investit dans des programmes d’éducation artistiques
 
dans les écoles voit plus loin. Le but est de faire entendre la voix des artistes dans l’aménagement urbain.
 
« Partout en France, on observe des quartiers dont la réalisation n’est pas très heureuse. Souvent, cela résulte d’un manque de dialogue.
 
Nous pensons qu’au côté des urbanistes et des architectes, il faut aussi impliquer des designers, des paysagistes, des artistes,
 
pour apporter une réflexion plurielle et une dimension plus créative à l’aménagement de nos villes », explique David Demougeot.
 
Une démarche novatrice que l’association expérimente depuis trois ans sur le campus de la Bouloie. « On a fait venir des artistes en résidence.
 
On s’est impliqué dans la création du mobilier urbain », poursuit Chloé Cura. À Besançon, c’est toute la ville qui résonne avec les arts de la rue.
 
Et cette image singulière est en train de devenir un atout. Pour preuve, l’office de tourisme organise désormais des visites à pied,
 
et à vélo sur le thème « du patrimoine et de l’art urbain ».

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Dim 9 Sep - 11:42


 
Le charme d’une rencontre
 
Le mystérieux « portrait d’une concubine », tableau du XVIIIe  siècle visible au musée des beaux-arts de Dole (39), a ensorcelé
 
le réalisateur Charles de Meaux au point qu’il en a fait un film sorti le 20 décembre : « Le Portrait interdit ».
 
 
 
« Ce qui fait aussi la puissance d’une œuvre, c’est qu’elle n’ait jamais épuisé son secret », apprécie Amélie Lavin, directrice du musée des beaux-arts de Dole (39).
©️ J-L. Mathieu
 

 
 
Par Valérie SUSSET
 
Son imaginaire s’est aussitôt enflammé. À peine avait-il plongé son regard dans celui, très énigmatique, de la « Joconde asiatique »,
 
que Charles de Meaux savait qu’il allait raconter son histoire. Une histoire en tout cas.
 
Celle que lui a inspirée le tableau attribué au peintre jésuite Jean-Denis Attiret, né à Dole, dans le Jura, en 1702, mort à Pékin,
 
en Chine, en 1768. Au retour de sa visite en 2012 au musée des beaux-arts de Dole,
 
le réalisateur et artiste contemporain qui n’aime rien tant que mêler arts plastiques et cinéma s’est ainsi lancé dans l’aventure rocambolesque
 
de faire un film français avec des Chinois… Il venait de se plonger dans les « Lettres édifiantes et curieuses » envoyées en Europe au XVIIIe  siècle
 
par les jésuites missionnaires. Dont celles de Jean-Denis Attiret, peintre officiel à la cour impériale de Chine pendant plus de trente ans !
 
De là à imaginer une histoire d’amour impossible et silencieuse entre l’ancienne concubine Ulanara,
 
devenue impératrice à la mort de la première femme de l’empereur Qianlong… et son portraitiste, il n’y avait qu’un pas !
 
Que le réalisateur a passionnément franchi, en croisant la fascination que produit le « Portrait d’une concubine », son étrange sensualité,
 
et la dimension tragique et romantique de cette Ulanara, qui se serait condamnée elle-même à être répudiée par l’empereur en se rasant les cheveux,
 
tant elle souffrait qu’il lui préfère d’autres femmes.
 
une œuvre à l’esthétisme éblouissant
 
Pour interpréter le jésuite dolois, Charles de Meaux a choisi Melvil Poupaud, l’un de ses acteurs fétiches.
 
Qui a même pour l’occasion appris à parler le mandarin ! Puis qui a publié un livre amusant pour raconter ce tournage pas banal…
 
Car si le comédien reconnaît s’être un peu fait prier pour accepter le rôle, au souvenir des péripéties, plutôt dangereuses,
 
vécues notamment avec Romain Duris sur les précédents tournages souvent hasardeux de son ami réalisateur…
 
il ne regrette finalement qu’une chose aujourd’hui : que la censure chinoise ne lui ai pas permis de tourner une onirique scène d’amour fantasmée avec
 
Fan Bingbing. L’actrice chinoise, qui interprète la mystérieuse concubine, est une telle star dans son pays qu’il n’était pas rare que
 
le plateau de tournage soit envahi par des milliers de fans… au point de devoir un jour faire intervenir l’armée pour l’évacuer !
 
Dans « Le Portrait interdit » qui la fait découvrir en France, Fan Bingbing est surtout d’une beauté renversante.
 
En faisant un film de la montée du désir qu’il a rêvée entre l’impératrice Ulanara et son portraitiste dolois, Charles de Meaux a créé une œuvre à
 
l’esthétisme éblouissant. Dont le classicisme apparent dissimule une stratification de mystères… exactement comme
 
« Le portrait d’une concubine ». Lequel avait rejoint les collections du musée dolois en 2001.
 
Acheté environ 100.000 euros à l’hôtel des ventes de Drouot, le tableau attribué à Jean-Denis Attiret est aujourd’hui le plus cher du musée.
 
Il intrigue forcément sur les cimaises au milieu des autres portraits de femmes occidentales, tout d’ombre et de lumière
 
. Entre sa toque de loutre et son col de vison, le visage de la concubine,lui, irradie dans la lumière absolue de toute sa frontalité.
 
C’est une huile sur papier de Chine, comme un subtil équilibre des cultures. Et il faut le voir de près, en lumière rasante, pour observer
 
à quel point Jean-Denis Attiret a pensé son modèle en volume, à l’occidentale, tout en respectant les contraintes de la peinture chinoise.
 
Sans hésiter à poser de la pointe de son pinceau un minuscule point blanc dans chaque pupille… alors que les yeux sont sans reflet dans les portraits chinois.
 
Comme le film de Charles de Meaux, le tableau de Jean-Denis Attiret n’est ni tout à fait chinois ni tout à fait français.
 
Et cette histoire n’est ni tout à fait une réalité ni tout à fait une fiction. Ici tout est rencontre.

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Dim 16 Sep - 11:38


Ces « Rodin » que l’on ignore

Il y a cent ans disparaissait un maître de la sculpture, génie reconnu comme père fondateur de l’ère moderne : 
Auguste Rodin. Les œuvres qu’il a laissées dans l’Est sont souvent oubliées.









Par Jérôme Estrada
Des expositions à travers le monde, un film (de Jacques Doillon avec Vincent Lindon), 
un timbre, des ouvrages : le centenaire de la mort de Rodin est célébré tous azimuts, peut-être par rachat,
par dévotion, ou plus sûrement par constat du formidable rayonnement de l’œuvre et de la figure du personnage.
Lorsque l’artiste est mort, le 17 novembre 1917, 77 ans et un « Baiser » après sa naissance à Paris, 
la guerre fait plus que jamais rage. Voilà pourquoi les funérailles sont bâclées. 
Pas de cérémonie ronflante à Notre-Dame ou sur les Champs-Élysées. 
Seul un petit cercle composé de secrétaires et amis, de médecins et de rares officiels, assiste à la mise en bière du grand homme. 
Sa dépouille rejoint alors celle de sa femme Rose, fille d’un cultivateur de Haute-Marne devenue son modèle puis sa maîtresse,
épousée à la va-vite et disparue à peine quelques mois avant lui. Le monde commémore, mais pas le Grand Est,
qui a oublié que Rodin est à moitié lorrain (par sa mère Marie Cheffer, originaire de Metz). 
Alors à défaut d’un hommage, on peut admirer les quelques œuvres oubliées, ici et là, du père de la sculpture moderne.

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Re: L'Art au quotidien

Message  roberto > le Lun 17 Sep - 11:32


 
Le Semeur
 
de Jules Bastien-Lepage (1879-1880)
 

 
Esquisse ou toile finalement achevée et témoignant d’une incroyable modernité pour son époque ? L’œuvre de l’un des principaux artistes meusiens du XIXe  siècle, né en 1848 à Damvillers, petit village où il fut inhumé en 1884 après avoir succombé à un cancer, ne laisse pas d’intriguer par sa vigueur sur les cimaises du petit musée Jules Bastien-Lepage, niché dans l’ancienne école de la citadelle haute de Montmédy (55). Ce sont les exécuteurs testamentaires d’Émile Bastien-Lepage, frère cadet de Jules, qui ont donné en 1938 à l’établissement alors installé à l’hôtel de ville de Montmédy ce petit tableau de 49 x 69 cm, estimé être l’une des esquisses réalisées à l’huile par l’artiste pour son Semeur au format grandeur nature, visible au musée de la Cour d’Or à Metz (57). Mais l’énigme reste entière. Certes, le temps fut compté à Jules Bastien-Lepage, et l’histoire ne dira jamais si le jeune peintre à succès avait réellement l’intention de traiter de diverses façons ce sujet si cher au cœur de la France, de faire évoluer son réalisme. En mêlant par exemple l’influence de l’impressionnisme à son savoir-faire académique hérité de l’atelier de Cabanel. Ce qui est sûr, c’est que ses tableaux dits « paysans » sont tout autant nourris de Millet que de l’expérience de sa terre meusienne, en tant que fils d’une famille de paysans. À voir de près ce paysage labouré qui occupe les trois quarts de la hauteur du tableau, la sensation de la terre est littéralement physique ! Les traits amples sont brossés comme si le geste du peintre s’était accordé à celui du semeur… La matière est riche. Et cet homme en bras de chemise jetant à pleines volées ses poignées de semences donne une puissance et un mouvement impressionnant à l’œuvre, en projetant au coucher du soleil et sur fond de ciel menaçant son ombre gigantesque au premier plan, tandis qu’on distingue au loin les chevaux conduits par le laboureur, tirant la herse qui va recouvrir la graine semée. Ici, pas de corps au repos. L’heure est au labeur. Et au fantasme. Car au vu de ce travail si novateur, on imagine sans peine la place que cet ami de Zola et de Rodin aurait pu prendre dans l’histoire de l’art s’il avait dépassé les 36 ans…

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