les rendez-vous de l'histoire

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Message  roberto > le Dim 12 Aoû - 11:12

Sous ce chapitre: 

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Depuis mon entrée au collège , j'ai toujours été passionné par l'histoire (pas les histoires) .

Toujours dans le concept de ma curiosité , j'étais friand de découvrir : La Vie d'Avant .

C'est pourquoi ici je vais regrouper :

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Message  roberto > le Dim 12 Aoû - 11:37

LE CARCAN ET la guillotine

« Quand a-t-on supprimé la guillotine et le carcan ?

Quand la peine de mort a-t-elle été abolie en France ?

A-t-elle été commuée en détention à perpétuité ? »

les rendez-vous de l'histoire  Title-15



Au Moyen-Âge, le condamné était exposé « au regard du peuple », à titre d’exemple. Il devait donc porter le carcan durant une période plus ou moins longue, selon le délit commis. L’exécuteur des basses œuvres l’attachait à une planche percée de trois trous pour lui emprisonner la tête et les deux mains. Selon la gravité des faits qui l’accusaient, il pouvait être libéré ou exécuté par strangulation. La planche inférieure horizontale était alors maintenue à une hauteur qui lui était supérieure. Si nécessaire, le corps était encore lesté avec des pierres fixées aux pieds. Cette lourde peine fut supprimée par décret, le 12 avril 1848.

Mais jusqu’à la Révolution, le carcan ne fut qu’un moyen d’exécution parmi d’autres, ce qui fit réagir Joseph Guillotin (1738-1814), médecin et homme politique. En 1791, il demanda à l’Assemblée nationale un même traitement pour exécuter le coupable, quel que soit son rang et sans souffrances inutiles. Car les nobles étaient décapités au sabre, les roturiers à la hache, les criminels d’État écartelés, les hérétiques condamnés au bûcher, les voleurs flagellés ou pendus, les faux-monnayeurs bouillis vifs.

Guillotin proposa un instrument que l’on appela guillotine. Il l’avait mis au point avec un célèbre chirurgien messin, Antoine Louis (1723-1792), qui avait suggéré de biseauter la lame pour rendre la décapitation immanquable et rapide. La sinistre machine fut surnommée un temps la Louison ou encore la Louisette. Fabriquée par le facteur de clavecin prussien Tobias Schmidt (1768-1821), la guillotine servit pour la première fois le 25 avril 1792 pour décapiter un voleur, Nicolas Jacques Pelletier. Elle fut utilisée pour la dernière fois pour exécuter un Tunisien, Hamida Djandoubi, condamné pour meurtre. L’exécution eut lieu à la prison des Baumettes à Marseille le 10 septembre 1977.

La loi portant abolition de la peine de mort est entrée en vigueur le jour de sa publication au Journal Officiel, le 10 octobre 1981. Son article 9 précise que « les condamnations à la peine de mort prononcées après le 1er  novembre 1980 seront converties de plein droit suivant la nature du crime concerné en condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité ou en condamnations à la détention criminelle à perpétuité ». Sur proposition de M. Robert Badinter, garde des Sceaux, le projet de loi fut adopté en conseil des ministres le 26 août 1981, puis par l’Assemblée nationale le 18 septembre et par le Sénat le 30 septembre.

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Message  roberto > le Dim 12 Aoû - 13:30

La révolution en héritage…
 
à Saint Pétersbourg, ville berceau de la Russie , on célèbre beaucoup le faste des tsars et un peu l’esprit d’octobre 1917 

quand une poignée de bolcheviks changèrent la face du monde.
 
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Sous les ors fastueux de l’Ermitage, une exposition temporaire retrace la montée en puissance du bolchevisme,
la création d e soviets dans les villages et les quartiers, l’abdication de Nicolas II et l’avènement du communisme soviétique en octobre 1917.
Un magistral son et lumière sur les façades du musée de l’Ermitage balaie l’épopée des tsars avec faste et musique symphonique.
 
 
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Saint-Pétersbourg ne manque pas d’atouts historiques pour attirer des millions de touristes.

 Mais au dernier moment, la municipalité a renoncé à célébrer la révolution.
 
Par Alain Dusart
La glace n’a pas encore emprisonné les eaux noires de la Neva. Les splendides palais de Saint-Pétersbourg se reflètent sous le pont de la Trinité, élégant ouvrage d’art jumeau du pont Alexandre III à Paris. À l’horizon, se détache un bâtiment austère hérissé d’antennes, le siège de l’ex-KGB où Vladimir Poutine fit ses armes. Le fameux pont s’appelait au XXe  siècle le pont Sergueï Kirov, du nom d’un bolchevik historique que l’ogre de la dictature prolétarienne, Joseph Staline, gomma de la photo des Soviets bienheureux. Cet assassinat donna le signal des purges. Dans cette Venise slave, l’histoire est en perpétuel chantier. Et chacun y trouve sa source d’inspiration, quitte à la relire à sa guise, en fonction de sa sensibilité. Rebaptiser les splendides églises orthodoxes, les monuments, le nom de la ville, Pétrograd jusqu’en 1917, puis Léningrad jusqu’à la perestroïka de Gorbatchev, est un sport national. À l’inverse, Staline est banni des oripeaux urbains, à défaut de la mémoire collective tant il hante l’inconscient russe. Parfois, au détour d’une déambulation entre les limousines des nouveaux riches et les enseignes de marque de luxe à la mode, on tombe sur la rue Marat ou le quai Robespierre renommé en 2014 quai de la Résurrection. Dans l’imaginaire bolchevik, les martyrs de la révolution française étaient des icônes.
Une commémoration du bout des lèvres
Longtemps, la France a exercé un certain magnétisme sur les Russes. À la cour, la noblesse parlait français. C’était d’un chic consommé. Au début du XXe  siècle, l’étoile des Romanov pâlit. En cette année du centenaire, au choix de la révolution ou de la chute de la dynastie, les Russes oscillent dans leur célébration. Un magistral son et lumière sur les façades du musée de l’Ermitage balaie l’épopée des tsars avec faste et musique symphonique. En revanche, l’allégorie révolutionnaire est plus sombre et ponctuée de coups de tonnerre. Il est vrai que la ville a refusé une commémoration officielle. À l’entrée de l’Ermitage, cinq salles retracent les événements avec une certaine retenue. Dans les appartements communautaires reconstitués dans une aile du palais Roumiantsev, la thématique du rouge révolutionnaire est déclinée avec des affiches de propagande et des peintures kitsch du réalisme soviétique. D’évidence, la nostalgie bolchevique n’enlumine pas le récit national.
À Saint-Péterbourg, ville-musée grouillante et raffinée, les vendeurs de rue ne proposent pas de tee-shirts avec la faucille ou le marteau. Bien entendu, il reste une ou deux statues de Lénine ou son bureau au musée de la révolution, mais pour les souvenirs, on vous propose surtout des poupées russes à l’effigie de Poutine, ou des tee-shirts où il pose, viril, avec ce slogan, « Le plus gentil des hommes ». Lors de la prochaine présidentielle, sa quatrième et dernière, en théorie, il affrontera toujours un candidat communiste, et peut-être l’évanescente Ksenia, la plus anti-Poutine des bimbos russes, fille de l’ancien maire Anatoli Sobtchak. En Russie, seuls les ultimes vétérans de 39/45 veulent ressortir le drapeau rouge à l’occasion des cérémonies patriotiques.
Prudence néanmoins car les apparences sont trompeuses. Les Russes désapprouvent les dérives de l’ultra-capitalisme. L’insolente réussite des oligarques leur rappelle chaque matin que sous les tsars, 2 % de la noblesse possédait 90 % des richesses. La révolution a d’ailleurs commencé en février 1917 par la révolte du pain emmenée les femmes. Le 23, les babouchkas sont dans la rue, le 26, la Douma est dissoute et le tsar donne l’ordre de restaurer. Il y aura plus de 1.500 morts dans les rues de Saint-Pétersbourg. Non seulement la révolte gronde encore, mais en coulisse, depuis 1905, les premiers Soviets emmenés par Léon Trosky ont préparé le grand soir. Le 2 mars, Nicolas II, lâché par ses généraux, abdique. Le lendemain, son frère refuse le trône et le 3 avril, Lénine arrive en train de Suisse via la Suède. Il débarque en gare et harangue la foule. Ils étaient 4.000 bolcheviques en février 17, on en comptera 400.000 en octobre pour le bouquet final de cette insurrection. Une fois de plus, une minorité d’audacieux aura fait l’histoire. Pour le meilleur, la justice sociale, et le pire, les dérives de la dictature du prolétariat. Le penseur allemand Karl Marx rêvait que la Russie soit le laboratoire de ses théories collectivistes. Un siècle après, deux millions de Chinois font le pèlerinage sur ces terres, là où commença le grand soir de l’émancipation des masses. Mais la guide Svetlana Ivanova le confirme. Ces intrépides de l’empire du Milieu ne dansent pas sur le cratère rougeoyant du communisme mais se pâment plutôt dans les palais baroques où scintillent les paillettes d’un tsarisme de conte de fée.

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Message  roberto > le Mar 14 Aoû - 8:32

Sur les sentiers de la Grande Guerre
 
Des réserves américaines aux tranchées de l’Argonne, étonnante épopée des volontaires Osages, Quapaws, Sioux, Cherokees et autres Cheyennes.
 
 
les rendez-vous de l'histoire  Richar10
 
Richard Blue Earth, Sioux Iakota enrôlé en 1917 comme tireur d’élite. Il trouvera la mort en octobre 1918 dans la forêt d’Argonne. Selon la presse nord-américaine qui n’hésite pas à tomber dans les pires clichés, en « combattant un ennemi plus sauvage que lui-même l’Indien acquiert les bases essentielles de la civilisation ».
 
 
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Le chef des Crows, Plenty Coups, avec le maréchal Foch lors de son voyage dans l’Ouest américain en 1921. Photos extraites de l’ouvrage « Sur les sentiers de la Grande Guerre ».
 
Qu’est-ce qui a bien pu pousser Joseph Standing Buffalo, jeune Sioux de 20 ans, issu d’une lignée prestigieuse, à venir s’enrôler pour combattre dans une guerre qui ne le concernait ni le touchait en rien ? Petit-fils du grand chef Sitting Bull, celui-là même qui a battu le général Custer à Little Big Horn, en 1876, il est un des 4.000 Indiens du corps expéditionnaire canadien (un Amérindien sur trois). À ce contingent, il faut rajouter, trois ans plus tard, un peu plus de 17.000 Natives, issus, cette fois-ci, des États-Unis. Parmi eux, beaucoup sont volontaires ce qui est assez remarquable quand on sait la difficulté morale que peut éprouver un homme « resté asservi » à se battre pour son maître. Le massacre de Wounded Knee, il ne faut pas l’oublier, remonte à 27 ans ! C’est dire que la motivation première, au-delà de la solde ou de la prime d’engagement, est le fort sentiment patriotique qui les anime !
 
Tout n’a pas été pourtant simple. Au Canada, dominion britannique, les Indiens ne sont pas soumis aux devoirs militaires. Sceptiques quant à leur valeur combative, les responsables militaires sont convaincus que tuer un blanc, fut-il ennemi, doit rester un privilège réservé… aux blancs. « Sauvages », Noirs et Asiatiques ne sont donc pas autorisés, dans un premier temps, à s’enrôler. Mais, les pertes étant de plus en plus lourdes, fin 1915, le corps expéditionnaire finit par les accepter officiellement dans ses rangs.
 
Aux États-Unis, jamais personne n’a songé à contester aux Peaux-Rouges le droit de servir aux côtés des « croisés de la démocratie ». Cependant, il se posait un problème juridique concernant leur statut : la moitié des Indiens n’ayant pas la citoyenneté américaine, il a été décidé de l’octroyer à tous les volontaires qui ne l’avaient pas…
 
Leurs langues serviront à des messages codés
Une fois accepté le principe de leur incorporation, un nouveau problème dut être tranché : fallait-il créer des unités spécifiquement indiennes ou, au contraire, amalgamées au reste de l’armée ? Au Canada, la loi fédérale interdit les premières. Cela n’empêchera pas la constitution d’unités homogènes. Aux États-Unis, le ministre de la Guerre imposa l’intégration.
 
Le séjour en terre française constituera, évidemment, une épreuve interculturelle et humaine : les paysages plus étriqués, le culte voué au pinard ainsi qu’une certaine liberté des mœurs ont de quoi surprendre. Le Lakota Guy Dull Knife, dans une lettre à sa famille, ne cache pas sa surprise : « Les femmes font leur lessive à la main en parlant beaucoup et riant très fort ». Surtout, ils découvrent un pays peuplé de blancs plutôt tolérants…
 
Toutefois, la principale épreuve est ailleurs, sur le front, essentiellement en Lorraine. Fins tireurs, éclaireurs exceptionnels, leurs qualités de chasseurs résistants et rusés trouvent à s’employer tout naturellement au combat. Leurs langues serviront à des messages codés. Mais comme les Poilus et Sammies, ils vont vivre le douloureux apprentissage d’une guerre moderne, grelottant au fond des tranchées, rampant sur le no man’s land, subissant bombardements et gaz. On tue désormais l’ennemi à grande échelle, à grande distance, sans nécessairement le voir.
 
Et comme partout dans un monde dévasté par la guerre, à l’euphorie de la victoire va succéder désillusion, amertume et souffrances. Ni les beaux discours ni les médailles ne permettent de trouver un travail, de reconstruire un environnement profondément dégradé d’autant plus que les conditions sanitaires dans les réserves se sont dégradées. Angoisses et cauchemars qu’on exorcise souvent dans l’alcool, l’errance ou la délinquance sont le lot des anciens combattants. Les Indiens n’échappent pas à ce triste sort, surtout ceux meurtris profondément dans leur chair. En outre, l’Amérique reste le pays de la discrimination raciale institutionnalisée. Au Canada, plusieurs Indiens ont constaté que leurs terres avaient été attribuées à d’anciens combattants blancs… La reconnaissance de la patrie s’est bien arrêtée en 1918.
 
Source : « Sur les sentiers de la Grande Guerre », Jacques Rouzet, Nuage Rouge/OD Éditions.

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Message  roberto > le Mer 15 Aoû - 9:36

les rendez-vous de l'histoire  Mars10
 
Mars, en grec Arès
 
 
 
L'Olympe

 
 
Mars au reposMars ou Arès, c'est-à-dire le brave, était fils de Jupiter et de Junon. Les poètes latins lui donnent une autre origine. Jalouse de ce que Jupiter avait mis au monde Minerve, sans sa participation, Junon avait voulu, à son tour, concevoir et engendrer. La déesse Flore lui indiqua une fleur qui croissait dans les campagnes d'Olène en Achaïe, et dont le seul contact produisait ce merveilleux effet. Grâce à cette fleur, elle devint mère de Mars. Elle le fit élever par Priape, de qui il apprit la danse et les autres exercices du corps, préludes de la guerre.
 
Les Grecs ont chargé l'histoire de Mars d'un certain nombre d'aventures.

Allyrothius, fils de Neptune, ayant fait violence à Alcippe, fille de Mars, ce dieu la vengea en tuant l'auteur du crime. Neptune, désespéré de la mort de son fils, assigna Mars en jugement devant les douze grands dieux de l'Olympe, qui l'obligèrent à défendre sa cause. Il la défendit si bien qu'il fut absous. Le jugement eut lieu sur une colline d'Athènes appelée depuis l'Aréopage (colline de Mars), où s'établit le fameux tribunal athénien.
 
Ascalaphus, fils de Mars, qui commandait les Béotiens au siège de Troie, ayant été tué, le dieu courut le venger lui-même, malgré Jupiter qui avait défendu aux dieux de prendre parti pour ou contre les Troyens. Le roi du ciel eut un accès de colère furieuse, mais Minerve l'apaisa, en promettant de soutenir les Grecs. En effet, elle excita Diomède à se battre contre Mars, qui fut blessé au flanc par la lance de ce héros. C'est Minerve qui avait dirigé le coup. Mars, en retirant l'arme de sa blessure, jette un cri épouvantable, et aussitôt il remonte dans l'Olympe au milieu d'un tourbillon de poussière. Jupiter le gourmande sévèrement, mais ne laisse pas d'ordonner au médecin des dieux de guérir son fils. Péon met sur sa blessure un baume qui le guérit sans peine, car, dans un dieu, il n'y a rien qui soit mortel.
 
Homère et Ovide ont raconté les amours de Mars et de Vénus. Mars s'était mis en garde contre les yeux clairvoyants de Phébus, qui était son rival auprès de la belle déesse, et avait placé en sentinelle Alectryon, son favori ; mais, celui-ci s'étant endormi, Phébus aperçut les coupables et courut prévenir Vulcain. L'époux outragé les enveloppa dans un réseau aussi solide qu'invisible, et rendit tous les dieux témoins de leur crime et de leur confusion. Mars punit son favori, en le métamorphosant en coq ; depuis cette époque, cet oiseau tâche de réparer sa faute, en annonçant par son chant le lever de l'astre du jour. Vulcain, à la prière de Neptune, et sous sa caution, défait les merveilleux liens. Les captifs, mis en liberté, s'envolent aussitôt, l'un dans la Thrace, son pays natal, l'autre à Paphos, dans sa retraite préférée.
 
Les poètes donnent à Mars plusieurs femmes et plusieurs enfants. Il eut de Vénus deux fils, Deimos et Phobos (la Terreur et la Crainte), et une fille, Hermione ou Harmonie, qui épousa Cadmus. Il eut de Rhéa Romulus et Rémus ; de Thébé, Evadné, femme de Capanée, un des sept chefs thébains ; et de Pirène, Cycnus qui, monté sur le cheval Arion, combattit contre Hercule et fut tué par ce héros. Les anciens habitants de l'Italie donnaient à Mars, pour épouse, Néréine.
 
Ce dieu a pour sœur ou pour femme Bellone. C'est elle qui attelait et conduisait son char ; la Terreur (Deimos) et la Crainte (Phobos) l'accompagnaient. Les poètes la dépeignent au milieu des combats, courant ça et là, les cheveux épars, le feu dans les yeux, et faisant retentir dans les airs son fouet ensanglanté.
 
Comme dieu de la guerre, Mars est toujours accompagné de la Victoire. Cependant, il n'était pas toujours invincible.
 
Son culte paraît avoir été peu répandu chez les Grecs. On ne parle d'aucun temple élevé en son honneur, et l'on ne cite que deux ou trois de ses statues, en particulier celle de Sparte, qui était liée et garrottée, afin que le dieu n'abandonnât pas les armées durant la guerre.
 
Mais, à Rome, Mars était tout spécialement honoré. Dès le règne de Numa, il eut au service de son culte et de ses autels un collège de prêtres, choisis parmi les patriciens. Ces prêtres, appelés Saliens, étaient préposés à la garde des douze boucliers sacrés, ou anciles, dont l'un, disait-on, était tombé du ciel. Tous les ans, à la fête du dieu, les Saliens, portant les boucliers, et vêtus d'une tunique de pourpre, parcouraient la ville en dansant et sautant.
 
Leur chef marchait à leur tête, commençait la danse, et ils en imitaient les pas. Cette procession très solennelle se terminait au temple du dieu par un somptueux et délicat festin. Parmi les temples nombreux que Mars avait à Rome, le plus célèbre fut celui qu'Auguste lui dédia sous le nom de Mars Vengeur.
 
On lui offrait comme victimes le taureau, le verrat, le bélier, et, plus rarement, le cheval. Le coq et le vautour lui étaient consacrés. Les dames romaines lui sacrifiaient un coq le premier jour du mois qui porte son nom, et c'est par ce mois que l'année romaine commença jusqu'au temps de J. César.
 
Les anciens Sabins l'adoraient sous l'effigie d'une lance (Quiris) : d'où le nom de Quirinus donné à son fils Romulus, et celui de Quirites employé pour désigner les citoyens romains.
 
Il y avait à Rome une fontaine vénérée et spécialement consacrée à Mars. Néron s'y baigna. Ce mépris des croyances populaires ne fit qu'augmenter l'aversion qu'on éprouvait pour ce tyran. À dater de ce jour, sa santé étant devenue languissante, le peuple ne douta point que, par son sacrilège, il s'était attiré la vengeance des dieux.
 
Les anciens monuments représentent le dieu Mars d'une manière assez uniforme, sous la figure d'un homme armé d'un casque, d'une pique et d'un bouclier ; tantôt nu, tantôt en costume de guerre, même avec un manteau sur les épaules. Quelquefois il porte toute sa barbe, mais le plus souvent il est imberbe, et parfois il tient à la main le bâton de commandement. Sur sa poitrine, on distingue l'égide avec la tête de Méduse. Il est tantôt monté sur son char traîné par des chevaux fougueux, tantôt à pied, toujours dans une attitude guerrière. Son surnom de Gravidus signifie : « celui qui s'avance à grand pas ».
Le mardi, jour de la semaine, lui était consacré (Martii dies)

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Message  roberto > le Mer 22 Aoû - 8:16

La poule au pot, symbole de prospérité

« Henri IV fut roi de France et de Navarre (1572-1610). 

Il mangeait une poule au pot chaque dimanche,

 initiant une tradition qui a toujours cours dans certains foyers. 

Pourquoi avait-il imposé ce plat ? » 

les rendez-vous de l'histoire  Title-18

Nul ne sait si Henri IV a réellement mis la poule au pot au menu chaque dimanche. 

Ce plat a été pour la première fois évoqué par l’archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, dans son ouvrage 

« Histoire d’Henri le Grand » (1661), écrite un demi-siècle après la mort du souverain.

 Il rapportait un échange assez vif entre Henri IV et le duc de Savoie qui prétendait que le royaume de France était pauvre. 

Dépité, le roi lui aurait répondu : « Si Dieu me donne encore de la vie, je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon royaume

 qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot ».

Rappelons qu’à cette époque, la France se remettait de quarante ans de guerres de religion. 

Henri IV imposa son autorité avec l’Édit de Nantes (1598) et il gouverna en roi absolu. 

Avec son ministre et ami Maximilien de Béthune, futur duc de Sully, il s’appliqua à remettre de l’ordre dans les finances du pays. 

Sully avait sa propre conception de la prospérité de la France qui restait liée, selon lui, au développement de l’agriculture.

 Il l’écrira plus tard dans ses mémoires « Pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France ».

Suivant les théories d’un agronome, Olivier de Serres, les paysans apprirent l’alternance des cultures et l’utilisation des engrais.

 Le cheptel s’améliora. De nouvelles céréales furent introduites (maïs, sarrasin, riz…), grâce aux découvertes des voyageurs et des navigateurs.

La poule au pot, symbole de prospérité, fit d’Henri IV un « bon » roi, dont l’histoire se propagea grâce à l’imagerie populaire.

 À l’aube de la Révolution française, elle revint sur les lèvres dans une chanson satirique : « Enfin, la poule au pot va enfin être mise

On peut du moins le présumer/Car, depuis deux cents ans qu’elle nous est promise/On n’a cessé de la plumer ». 

En 1823, elle fut promue au rang de plat dominical par Louis XVIII.

Mais quelle qu’en soit l’origine, ce plat complet reste au goût du jour et comporte, selon les régions, quelques variantes. 

La poule est farcie avec le foie, le cœur, le gésier, du jambon… Elle est cuite dans son jus avec des légumes (carottes, navets, oignons, céleri…), 

voire du bœuf ou du veau, le tout agrémenté de divers aromates.

 On la sert généralement avec du riz, nappé d’une sauce blanche préparée à partir du bouillon de poule obtenu.

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Message  roberto > le Mer 22 Aoû - 8:20

Le jacobinisme : une doctrine politique

Un mot qui revient souvent dans les commentaires politiques. 

Quelle est l’origine de cette appellation et que signifie-t-elle exactement ? » 

les rendez-vous de l'histoire  Title-14

Jacobin est un nom commun, synonyme de centralisme dans la gestion du pays.

 S’il faut remonter à la Révolution de 1789 pour en cerner le sens actuel, c’est au XIIe  siècle que l’on situe l’origine de ce nom.

 À cette époque, un couvent de Dominicains s’était installé à Paris, rue Saint-Jacques,

 avec une université qui a brillé tout au long des siècles par la qualité de ses élèves.

 Parmi eux figuraient notamment Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin, le pape Innocent V… 

Les Parisiens, sans égard à saint Dominique qui y séjourna vers 1220, désignaient les moines sous le qualificatif de jacobins, 

simplement parce qu’il était localisé rue Saint-Jacques. L’ordre créa d’autres couvents en France mais aussi à Paris dont celui de la rue Saint-Honoré.

 Ce dernier devint, à partir de 1790, le siège du fameux club révolutionnaire des Jacobins. Deux clubs rivaux, celui des Cordeliers et 

celui des Feuillants s’installèrent également dans des couvents. Ils permettaient de grands rassemblements de citoyens, à proximité du siège de l’Assemblée.

 Car ces clubs, surtout à partir de la Convention de 1792, comprenaient beaucoup de membres de l’Assemblée élue.

 La politique officielle y était largement débattue en public, avant d’apparaître à l’ordre du jour de l’Assemblée. 

C’est ainsi que naquit une opposition foncière entre les Jacobins de Robespierre et les Feuillants des Girondins, 

les premiers tenant à une République une et indivisible, les seconds prônant un respect des traditions régionales.

 La Terreur s’instaura, les Jacobins triomphèrent à la Convention et en juin 1793, les Girondins furent mis en accusation. 

Au mois d’octobre suivant, vingt-deux d’entre eux furent guillotinés.

Aujourd’hui, le terme jacobin marque une préférence pour un État centralisé et fort, unitaire dans sa législation, son administration et sa fiscalité.

 Cet esprit jacobin de 1792 a permis à la France de former un État homogène avec presque un siècle d’avance sur ses voisins italiens et allemands.

 Le jacobinisme a toutefois produit des systèmes divers se réclamant de lui, dans un esprit beaucoup plus radical. 

Il est à l’origine de certaines dictatures dont les plus célèbres et les plus sanguinaires furent celles de Lénine et Staline, Hitler et Mao Tsé-Tung.

 C’est à juste titre qu’on qualifie de jacobins rouges les partisans du bolchevisme pur et dur et de jacobins bruns les fanatiques du nazisme.

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Message  roberto > le Jeu 23 Aoû - 19:46

LA Liberté éclairant le monde

ON nous raconte que  la statue de la Liberté a été  offerte par la France alors qu’en réalité c’est le peuple français qui l’a financée sous forme de souscription. 

Rétablir la vérité et rappeler les conditions de sa réalisation ? 

les rendez-vous de l'histoire  Title-19

L’idée d’élever une statue à la gloire de la liberté s’est imposée à l’esprit de quelques opposants à Napoléon III vers 1865. 

Ils considéraient que ce concept n’était pas le fort de leur chef d’État. 

Parmi eux, citons Édouard de Laboulaye, professeur au Collège de France ; 

l’architecte Viollet-le-Duc ; les ingénieurs Gustave Eiffel et Ferdinand de Lesseps ; le sculpteur Auguste Bartholdi. 

Puisque la liberté était bafouée à Paris,

ils l’offriraient aux Américains le 4 juillet 1876, pour fêter les cent ans de leur déclaration d’indépendance.

L’idée enthousiasma Bartholdi qui ne rêvait que d’œuvres démesurées. 

Voyant dans ce projet la consécration de son talent,

il restait par ailleurs affecté par l’annexion de son Alsace natale par l’Allemagne.

 Convaincu de l’importance morale de son initiative, 

il multiplia les démarches et choisit un emplacement : la petite île de Bedloe (Liberty Island depuis 1956) dans la rade de New York. 

Une souscription publique fut ouverte des deux côtés de l’Atlantique :

 le peuple français financerait la statue, les Américains se chargeraient de son piédestal.

Bartholdi entreprit les travaux dans son atelier parisien de la rue de Chazelles dans le XVIIe Arrondissement. 

Gustave Eiffel s’attela à la charpente métallique sur laquelle devraient être rivetées de grandes plaques de cuivre martelé.

En raison de difficultés techniques et par manque d’argent, Bartholdi ne put toutefois livrer la statue à temps. 

Pour trouver les fonds nécessaires, photographies, affiches et maquettes furent vendues ; des visites furent organisées.

Le bras tenant la torche figura en 1876 à l’exposition du centenaire à Philadelphie.

 Les visiteurs de l’exposition universelle de 1878 à Paris découvrirent sa tête.

La statue fut officiellement offerte le 4 juillet 1884 à Levi Morton, ambassadeur américain à Paris.

Son inauguration eut lieu le 28 octobre 1886, après une traversée homérique de l’Atlantique à bord du vapeur Isère.

Elle avait été acheminée de Paris à Rouen, par un train spécial de 79 wagons. 

Deux cent dix caisses avaient été nécessaires pour contenir les vingt-cinq tonnes de plaques de cuivre et d’acier qui la constituaient.

Le monument, haut de 93 m, figure depuis 1984 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. 

Les sept cornes de la couronne évoquent les continents et les océans.

 Aux pieds de la statue, les chaînes brisées rappellent les combats menés pour la liberté.

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Message  roberto > le Sam 25 Aoû - 9:10

l‘énigmatique mata Hari



Il y a 100 ans, le 15 octobre 1917, l’aventurière est fusillée pour espionnage dans les fossés de la forteresse de Vincennes. 

Le début d’un mythe.

les rendez-vous de l'histoire  Femme-10

Femme libre, sans tabou, à la fois mythomane et courageuse, Mata Hari incarne la figure éternelle de l’espionne aux yeux de velours.

Dans les fossés de Vincennes/Quand fleurissait la verveine/Au petit jour, les yeux bandés/Au poteau l’espionne est placée/Et celle qu’on va fusiller/C’est elle ! 

C’est sa bien-aimée… » La complainte écrite par Cami, chantée par Georgel, fredonnée par toutes les lèvres à l’automne de 1917, tait le nom de son inspiratrice.

 Pourtant, celle qui de 1905 à 1913 avait été l’idole du tout-Paris et de plusieurs capitales étrangères, avait soigné sa dernière sortie. 

Réveillée à l’aube du 15 octobre 1917, elle se serait écriée : « Quelle manie ont les Français de fusiller les gens à l’aube. 

J’aurais mieux aimé aller à Vincennes dans l’après-midi après un bon déjeuner. » Elle s’habille longuement avec soin.

 Arrivée sur les lieux, elle refuse de se laisser attacher, repousse aussi l’habituel bandeau.

 En faisant fusiller Mata Hari, le troisième conseil de guerre donnait naissance à un vrai mythe…

Margaretha Geertruida Zelle est née en 1876 aux Pays-Bas. Son père, riche marchand ayant fait faillite, orpheline de sa mère à 15 ans, 

elle veut devenir institutrice. Cependant, elle est renvoyée de l’école pour avoir eu une liaison avec son directeur. 

Plus tard, à la suite d’une annonce matrimoniale, elle épouse un modeste officier de 19 ans son aîné et part avec lui dans les Indes néerlandaises.

 Un drame va briser définitivement ce couple mal assorti. Ses deux enfants sont empoisonnés. Seule la fille survivra.

 Vengeance de domestique, accident ? On ne saura jamais… En 1902, de retour en Europe, Margaretha divorcera de son mari, homme violent et alcoolique. 

Elle part alors à Paris où elle devient une écuyère très dénudée dans un cirque.

Elle fait ses débuts de danseuse de charme sous les apparences d’une princesse javanaise dénommée Mata Hari, l’œil de l’Aurore, au musée Guimet (1905). 

Cette exhibition très plastique et érotique bouleverse le public. Dès le lendemain, les salons d’une aristocratie brusquement convertie à l’orientalisme se l’arrachent.

 Elle se produit à travers toute l’Europe, guettée par les échotiers qui comptent ses chapeaux, ses chiens, ses fourrures, ses bijoux.

 Et ses amants (notamment le lieutenant allemand Alfred Kiepert avec qui elle reste plusieurs mois ce qui lui sera reproché lors de son procès). 

Personnalité flamboyante, elle s’invente ainsi un personnage et une histoire… Elle se dit née à Java d’une mère princesse…

La guerre va changer le cours de sa destinée. Au début 1916, alors qu’elle est en Allemagne, elle aurait été contactée pour devenir l’agent H21.

 On lui aurait proposé de régler ses dettes en échange de renseignements sur la France. 

Une étrange espionne qui préfère la lumière à l’ombre, la frivolité à la rigueur. 

Son nouvel amant, un officier russe au service de la France dénommé Vadim Massloff ayant été envoyé à Vittel se soigner suite à de graves blessures,

 elle décide de le rejoindre. Afin d’obtenir les autorisations nécessaires, elle contacte le capitaine Ladoux, officier du contre-espionnage français.

 En contrepartie de cette faveur et d’un million de francs (jamais versés), celui-ci lui demande d’espionner le Kronprinz qu’elle connaît.

La naïve hétaïre se rend en Espagne neutre pour prendre un bateau à destination de la Hollande d’où elle pense pouvoir gagner Berlin.

 Contrariée dans ses projets par l’Intelligence service anglais, l’aventurière gagne Madrid où elle ne tarde pas à séduire… l’attaché militaire allemand,

 le major Kalle. Celui-ci transmet plusieurs câbles à Berlin traitant de sous-marins à destination du Maroc et de manœuvres en coulisses pour établir 

le prince héritier Georges sur le trône de Grèce, en signalant que l’agent H-21 s’était rendu utile. Ces messages sont interceptés par les alliés.

 En cette année 1917, la victoire semble encore loin, très loin. Le pays se sent gangrené par le cancer de l’espionnite. Mata Hari sera la coupable idéale.

Par Jérôme estrada

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Message  roberto > le Lun 10 Sep - 13:52

« Achtung Panzer ! »
 
Guderian est considéré par de nombreux spécialistes comme le père fondateur de l’armée blindée allemande et comme un virtuose de la guerre de mouvement. 
 
Ses souvenirs sont réédités.
 
les rendez-vous de l'histoire  Guderi10
 
 
 
les rendez-vous de l'histoire  Title-15
 
Le 9 mai 1940, vers 13 h 30, nous fûmes mis en état d’alerte.
 
 Je quittai Coblence vers 16 h et atteignis le poste de commandement du C.A au Sonnenhof près de Bitburg.
 
Selon les ordres, les troupes avaient pris position le long de la frontière entre Vianden et Echternach.
 
 Le 10 mai, à 5 h 35 avec la 1re Panzer, je franchis la frontière luxembourgeoise. »
 
Figure emblématique du Blitzkrieg, Heinz Guderian est resté dans l’histoire militaire
 
 « comme l’une des incarnations les plus parfaites du génie opérationnel et organisationnel engendré par le militarisme germano-prussien »,
 
 rappelle Benoît Lemay à l’occasion de la réédition des souvenirs du général.
 
La lecture de ces « mémoires » permet de suivre au jour le jour la fulgurante avancée de ce maître de la guerre
 
 des blindés dont les succès reposent sur la vitesse d’exécution et la mobilité ainsi que sur l’effet de surprise et
 
les percées en profondeur derrière les lignes ennemies. Le général, qui avait écrit dès 1937 « Achtung Panzer ! »,
 
 détaille sa tactique, raconte son conflit avec le général von Kleist qui lui donne l’ordre d’arrêter ses troupes
 
 le 17 mai « arguant que j’avais dépassé les intentions du haut-commandement »
 
ou sa stupéfaction quand Hitler arrête sa marche en avant vers Dunkerque, ce qui permettra aux Britanniques de rembarquer leurs troupes.
 
La narration vivante de cette campagne, entrecoupée de descriptions détaillées des paysages, d’anecdotes, de citations et
 
de répliques savoureuses, offre une lecture passionnante. Par exemple lorsque ses troupes redescendent jusqu’à la frontière suisse :
 
« Apprenant notre arrivée sur la frontière suisse, Hitler réagit en réclamant des précisions : ‘‘Votre rapport repose sur une erreur.
 
 Vous parlez de Pontailler-sur-Saône’’. Ma réponse seule :
 
 ‘‘Pas d’erreur. Suis personnellement à Pontarlier sur la frontière suisse’’, apaisa la méfiance de l’OKW ».
 
La guerre en France s’achève pour Guderian entre Franche-Comté et Vosges :
 
 « Notre mission essentielle était désormais d’établir la liaison avec le général Dollmann et de fermer l’anneau autour des forces ennemies d’Alsace-Lorraine ».
 
 La résistance s’effondre. Les derniers forts de Belfort tombent, puis le ballon d’Alsace, le Thillot, Cornimont, Bussang…
 
Tombé en disgrâce après son échec lors de la bataille de Moscou
 
Il faut évidemment lire ses mémoires avec le recul nécessaire, voire circonspection. Guderian,
 
« à l’instar de la plupart de ses pairs, a été complice de l’entreprise hitlérienne d’agression et de destruction en Europe »,
 
 prévient Benoît Lamay. « Cela peut s’expliquer par le fait qu’il n’a pas cessé d’être un membre du corps des officiers hérité de l’Allemagne impériale.
 
Il en a partagé le conservatisme et l’esprit réactionnaire. Comme ses compagnons d’armes, il a été hostile au libéralisme, à la démocratie,
 
 au socialisme, au communisme et au pacifisme, tout en entretenant des préjugés raciaux envers les Slaves et une certaine phobie antisémite ».
 
 Guderian se garde bien de porter un regard rétrospectif sur les implications politiques et morales de ses actions :
 
 « Son attitude complice dans la guerre criminelle conduite par la Wehrmacht en URSS,
 
et son repli derrière ses seules compétences militaires constituent une fuite devant ses responsabilités »,
 
affirme encore le professeur d’histoire au Collège militaire royal du Canada.
 
Tombé en disgrâce après son échec lors de la bataille de Moscou à la fin 1941, Guderian est rappelé comme inspecteur de l’arme blindée en 1943,
 
 puis comme responsable du front de l’Est de juillet 1944 à mars 1945, date à laquelle il est limogé par Hitler auquel
 
il s’est opposé violemment. Prisonnier de guerre des Américains de 1945 à 1948, il est libéré sans être inculpé de crimes de guerre
 
et deviendra un des conseillers de la nouvelle armée de l’Allemagne de l’Ouest, la Bundeswehr.
 
 Ses souvenirs font partie des textes qui sont à l’origine du mythe d’une Wehrmacht propre.

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Message  roberto > le Mar 11 Sep - 11:23

Les Français et la Collaboration
 
Plus de soixante-dix ans après sa fin, la Collaboration génère fantasmes, malaise et parfois même réécriture de l’histoire.
Plusieurs historiens décryptent la complexité de cette période qui a laissé une empreinte indélébile sur l’histoire de la France.
 
 
les rendez-vous de l'histoire  Milici10
 
Miliciens place Stanislas à Nancy.
 
Peut-on, sereinement, faire l’histoire d’une période qui nous prend à témoin et peut, à tout moment, nous transformer en juge ; écrire objectivement sur ces hommes qui l’ont vécue, dont certains vivent encore, et peuvent être même proches de nous ?
 
Se poser ces questions le prouve : trois quarts de siècle après sa fin, la Collaboration continue de perturber les Français de façon plus ou moins (in)consciente. Alors que les « procureurs » - dont notre pays regorge, on le sait -, sont à l’affût dès qu’il est question de cette époque tragique, transformant le terme « Collaborateur » en synonyme de traître, de honte ou d’opprobre, longtemps les « spécialistes », de leur côté, n’ont pas aidé à saisir ce qui s’est joué en France entre 1940 et 1944, leurs analyses relevant avant tout d’une histoire engagée, pour ne pas dire partisane.
 
Heureusement, depuis quelques années, des historiens se sont emparés du sujet. François Broche et Jean-François Muracciole sont de ceux-là. Leur dernier ouvrage, « Histoire de la Collaboration », est une remarquable synthèse des travaux de leurs confrères français et étrangers de ces 45 dernières années sur ce sujet crucial et délicat à la fois. Dès le prologue, les auteurs préviennent : la Collaboration est « un concept générique, flou » qui, par sa nature même, « ne pouvait être un bloc, car elle groupait pêle-mêle toutes les variétés des types et des comportements humains et qu’en outre, dès juin 1940, elle comprenait une infinie variété de formes et de niveaux ». Effectivement, on amalgame aujourd’hui des réalités passablement différentes : le contexte des premiers jours de Vichy, consécutif à la débâcle du printemps, par exemple, n’est pas celui de l’été 1944, quand les Alliés avaient déjà débarqué en France. Zone libre ou zone occupée, avant ou après 1942, pétainisme, vichysme, Collaboration ou collaborationnisme, tout ne peut être mélangé ou mis sur le même plan.
 
la France par choix et/ou par force, fut le principal fournisseur européen des nazis
Le livre que publie Jean-Paul Cointet procède de la même démarche. « Esquisser des portraits est une façon de restituer une réalité multiforme et instable », écrit cet autre spécialiste. Vieux briscards de la politique ou nouveaux venus en quête d’un destin, notables traditionalistes ou jeunes technocrates, pacifistes de gauche, gens de la droite, souvent extrême, croisés de l’Europe nouvelle, le régime né de la défaite, que tous acceptent, a recruté en effet dans des milieux très différents. Ces 26 portraits en témoignent.
 
Ultime ouvrage nécessaire pour qui veut appréhender cette période, celui de Fabrice Grenard, Florent Le Bot et Cédric Perrin sur l’histoire économique de Vichy. Cette étude, pointant notamment la collusion de certains patrons avec des intérêts germaniques et le travail d’une partie de la main-d’œuvre française au profit de l’industrie allemande, montre que la France par choix et/ou par force, fut le principal fournisseur européen des nazis. Revanche sur le Front populaire, avidité, antisémitisme expliquent ce comportement. Mais ces explications ne sont pas les seules. Il y a aussi le réflexe de soumission au plus fort et de renoncement à une volonté nationale indépendante, un état d’esprit qui s’était déjà manifesté au cours du long passé de la France, et qu’on craint toujours de voir ressurgir.

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Message  roberto > le Mer 12 Sep - 11:37

Quelle est l'histoire du vase de Soissons ?
 
 
Légende ou histoire vraie ? Voici le récit du fameux vase de Soissons tel qu'il a été rapporté par Grégoire de Tours. Tout commence en 486, après la prise de Soissons par Clovis Ier, roi des Francs...
 
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Le vase de Soissons est un objet religieux restitué par Clovis, un roi païen de 20 ans, à un évêque chrétien qui lui en avait fait la demande. Il faisait partie du butin amassé en 486 après la chute de l'empereur romain Syagrius. Cette restitution n'allait pas de soi, car dans la tradition des Francs, les richesses amassées doivent être partagées à parts égales entre les guerriers, et c'est le sort qui doit décider de ce qui revient à chacun.
 
Vase de Soissons : les faits rapportés par Grégoire de Tours
Le jour de la distribution venu, les trésors furent déposés sur la place. Le roi prit alors la parole. « Je vous prie, mes braves guerriers, de vouloir bien m'accorder, outre ma part, ce vase que voici. » Ses hommes, lui reconnaissant une autorité supérieure, acceptèrent volontiers. L'un d'eux pourtant se révolta. « Tu recevras de tout ceci rien que ce que te donnera vraiment le sort. » Disant cela, il assena un coup de sa francisque sur le vase en question. L'objet, endommagé, fut tout de même restitué à l'évêque. Un an plus tard, Clovis passa ses troupes en revue sur le Champ-de-Mars. Parvenu devant celui qui s'était jadis opposé à son autorité, il lui fit violemment reproche de sa mauvaise tenue et lui arracha sa francisque des mains. Le soldat se pencha pour la ramasser. Clovis lui fendit alors le crâne d'un coup de hache. Ses hommes ne l'en craignirent que davantage.
 
 
 
 
 
 
les rendez-vous de l'histoire  131
 
L'histoire du vase de Soissons a été illustrée notamment dans les Grandes chroniques de France. ©️ BNF, Wikimedia Commons, DP
 
 
Symbole du pouvoir de Clovis
Cette histoire vraie a une portée symbolique forte, qui explique une part de son importance dans la mémoire collective : on voit que Clovis s'éloigne de la tradition des guerriers francs pour instaurer une nouvelle loi où l'autorité est plus centralisée. Il instaure son pouvoir par une violence différée qui montre qu'on ne bafoue pas son autorité impunément, même quand on a l'illusion de l'avoir fait. Cette punition, tardive mais foudroyante, concerne aussi l'Église et ses biens. On a donc une préfiguration de l'alliance entre l'Église et l'État, que l'on retrouvera en 499 lors de ce que certains appelleront plus tard « le baptême de la France ».
 
À savoir
Des éléments laissent à penser que Remi était l'évêque qui avait fait demander le vase. Celui-ci était probablement en argent (donc cabossé et non brisé par la hache du soldat). Très vraisemblablement, le vase de Soissons venait d'une église... de Reims.

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Message  roberto > le Jeu 13 Sep - 11:43

Du temps de « La Vôge »
Depuis trente ans, une poignée d’historiens locaux fait revivre le passé du nord du Territoire de Belfort dans une revue de qualité.
 
les rendez-vous de l'histoire  Title-20
 
 
 
Par François Zimmer
 
Effervescence chez Marie-Noëlle Marline-Grisey, à Giromagny (90).
 
Entourée du comité de rédaction, la présidente de l’AHPSV (Association pour l’histoire et le patrimoine sous-vosgiens)
 
libère de leur emballage plastifié les paquets contenant la 45e publication de « La Vôge ». Un grand moment.
 
Derrière ce véritable livre d’histoire, avec ses 148 pages, son papier glacé et ses photos couleur, il y a trente ans de recherches passionnées.
 
« Au début, on sortait deux revues par an », se souvient François Sellier, co-fondateur de la revue et ancien président de l’association née en novembre 1987,
 
« mais nous sommes passés à un exemplaire annuel il y a une quinzaine d’années, en doublant le nombre de pages ».
 
Un rendez-vous qui laisse plus de temps pour explorer l’histoire locale et la mettre en perspective.
 
 
François Sellier, ancien technicien à l’IUT de Belfort, fait figure de pionnier.
 
« L’idée était de lancer une revue grand public, s’intéressant à des thèmes populaires en relation avec notre terroir et respectant la rigueur historique.
 
Nous l’avons baptisée en fonction de notre appartenance géographique, à savoir le piémont des Vosges. »
 
Dès la sortie du premier numéro en juin 1988, le succès est au rendez-vous. De 850 exemplaires,
 
« La Vôge » passe rapidement à mille, portée par une équipe enthousiaste :
 
l’historien local François Lieblin, le président du foyer rural de Rougemont-le-Château Pierre Walter (à l’origine des fouilles archéologiques du château médiéval),
 
le fonctionnaire préfectoral Philippe Dattler et la secrétaire de l’association Nicole Grisey.
 
Un foisonnement d’énergie qui émane désormais de Roland Guillaume, Maurice Helle, Claude Parietti, Bernard et Christine Perez.
 
Avec une ligne éditoriale inchangée : « La Vôge » parle peu de l’association dont elle est le support,
 
et beaucoup de ces petites histoires locales qui forgent une identité à travers les générations.
 
« Nous sortons toujours fin novembre », explique François Sellier, « car certains de nos lecteurs offrent la revue pour Noël,
 
à l’occasion d’un déplacement familial à l’extérieur du Territoire de Belfort. C’est l’occasion d’avoir des nouvelles du pays.
 
Les sources sont inépuisables, surtout à partir de la Révolution, et on s’efforce de suivre l’actualité en racontant l’histoire d’un commerce ou
 
d’une école qui ferme, en reconstituant l’itinéraire d’un grognard de l’Empire dont la tombe existe toujours,
 
ou le crash d’un avion militaire au Ballon d’Alsace en 1967. Nos numéros sur la Libération, parus en 1996 et 2012, sont devenus des références.
 
Et depuis 2014, centenaire oblige, nous évoquons la Première Guerre mondiale à chaque numéro. » Avec une obsession : l’intérêt local.

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Message  roberto > le Sam 2 Nov - 17:33

les rendez-vous de l'histoire  La_pet10




Croix de Charlemagne près de
Notre-Dame de Roncevaux
(D’après « Bulletin de la Société archéologique de Sens », paru en 1858)





Le nom de Roncevaux est fameux dans l’histoire, mais fameux surtout par l’épopée chevaleresque. Les historiens l’ont à peine cité, tandis que le récit de la mort du preux Roland tient une grande place dans les romans du cycle de Charlemagne. Une croix de pierre qui ne semble pas remonter au-delà du XIIe siècle, qu’on a appelée Croix de Charlemagne et qui se trouve dans la vallée de Roncevaux près de l’abbaye du même nom, intrigua au milieu du XIXe siècle une Société archéologique qui se proposa de dater la croix et la fondation de l’abbaye, en faisant la part de l’histoire et de la légende...
Voici ce que rapporte au sujet de Roncevaux Eginhard dans sa chronique. Charlemagne, appelé par les Sarrasins, venait de s’emparer de Pampelune et rentrait en France après une expédition glorieuse. Les bataillons montaient lentement de Roncevaux vers le port d’Ibayeta et descendaient à Saint-Jean-Pied-de-Port, par la vallée appelée depuis Val Carlos. Mais les haines, amassées dans le cœur des Wascons par les guerres d’Aquitaine, s’étaient réveillées à la vue de l’armée franque. Réunis sur le mont Altobiscar, à la voix de Waifer, fils du duc Lupus, ils attendent le retour de Charlemagne et de ses compagnons. Le principal corps d’armée s’engage dans les défilés de Val Carlos, mais voilà que tout-à-coup tombe sur l’arrière-garde une pluie de rochers et d’arbres déracinés.

Là périrent, dit Eginhard, Anselme, comte du palais, Rotland, préfet de la marche de Bretagne, et bien d’autres. La nuit vint et l’on n’entendait plus que les plaintes des blessés et le râle des mourants ; l’arrière-garde des Francs, jusqu’au dernier homme gisait dans le val de Roncevaux. Eginhard parle de ce désastre avec un certain mélange de réserve et d’embarras sous lequel on peut deviner la gravité du mal. Il semble redouter de s’y arrêter plus longtemps. Le souvenir de cette blessure, dit-il, obscurcit grandement la joie des succès obtenus en Espagne.


les rendez-vous de l'histoire  1049



Roland cerné au col de Roncevaux
L’histoire est presque muette sur cet événement, mais les traditions populaires se sont groupées autour de Roland, et il est devenu le type de l’héroïsme au Moyen Age. La tradition ne veut pas que ce soient les Wascons qui aient détruit l’arrière-garde franque : ce sont les mécréants, les infidèles, et elle rapporte à un personnage fabuleux, le traître Ganelon, la trahison et le châtiment du duc Lupus, qui, arrêté dans l’escorte de Charlemagne, périt misérablement. Le duc Lupus fut pendu immédiatement, et ses états furent partagés. Lu charte d’Aalon le porte expressément, rapporte l’historien Fauriel dans son Histoire de la Gaule méridionale (1836).

Le traître Ganelon est avec Charlemagne à l’avant-garde déjà loin de Roncevaux lorsque Roland, le preux chevalier, (la tradition fait de Roland un chevalier), se voit surpris par une nuée d’ennemis qui sortent de tous les buissons. Il sonne alors de l’olifant : le son qu’il en tire roule comme un tonnerre dans les gorges de Roncevaux, et se fait entendre jusqu’à l’armée des Francs. Charlemagne reconnaît le son du cor de son neveu bien-aimé, il veut rebrousser chemin, mais Ganelon l’en détourne.



Le récit des Grandes Chroniques est ici d’une remarquable beauté. Roland blessé, se voyant seul, parcourt le champ de bataille, dolent de la mort de tant de nobles hommes. « Tant alla qu’il vint jusqu’au pied de la vallée de Césarée, au-dessous de la vallée de Roncevaux, où il trouva un beau préau d’herbe verte, auquel avait un bel arbre et un grand perron de marbre. » Là notre héros descend de cheval et s’assied le visage tourné vers l’Espagne. Sentant la mort s’approcher, il tire son épée, la fameuse Durandal ; il la regarde avec la tendresse d’un amant qui regarde sa maîtresse, et pour qu’elle ne tombe pas aux mains des infidèles, il essaie de la briser, mais n’en peut venir à bout. Alors tentant un dernier effort, il sonne de son cor d’ivoire, « et tant s’efforça de souffler, qu’il se rompit les veines et nerfs du col. » Son frère Baudoin l’entendit et accourut, mais le trouva prenant mort.

L’histoire de Roland, reproduite sous mille formes dans les romans du Moyen Age est restée populaire. Le roman de Roncivals, les Grandes Chroniques et beaucoup d’autres ouvrages postérieurs, célèbrent le neveu de Charlemagne. La chanson de Roland a été fameuse dans les armées françaises, le nom de Roland est gravé dans la mémoire des habitants des montagnes, et se rattache à tout ce que la nature présente de curieux ou d’imposant. La brèche de Roland est l’entaille faite dans le rocher par le grand coup porté par Durandal. En maint endroit des Pyrénées on montre le pas ou passage de Roland. Enfin des ballades font retentir de son nom les frontières de l’Espagne.



Tous ces grands souvenirs n’ont pas été perdus pour le lieu du combat. Au pied même de l’Altobiscar, près du port d’Ibayeta, la route de Pampelune traverse une antique abbaye, collége de chanoines fondé, dit la tradition, par Charlemagne. Les chanoines ne sont pas astreints à la vie commune et se réunissent seulement pour chanter l’office. Les guerres civiles, qui naguère encore déchiraient ce malheureux pays, ont enlevé à l’abbaye ses immenses richesses.

Dans le trésor de l’Eglise on montre trois pantoufles de l’archevêque Turpin, deux masses d’armes de Roland, un reliquaire remontant, dit-on, à Charlemagne et d’autres objets précieux donnés par les rois d’Espagne. Au port d’Ibayeta même, à l’endroit où la route quitte la vallée de Roncevaux pour descendre dans le Val Carlos, un petit bâtiment a reçu le nom de Chapelle de Roland. C’est là que le preux chevalier serait mort, d’après la tradition.

Enfin sous une belle allée de frênes, dépendant de l’abbaye, s’élève une croix de pierre. Les bras rattachés au tronc par des fils de fer, les sculptures et les inscriptions à-demi effacées, montrent que bien des hivers ont passé sur cette pierre. C’est elle que l’on nomme la Croix de Charlemagne. L’ensemble de la croix n’offre rien de remarquable ; les sculptures sont grossières, la pose du Christ est disgracieuse, les fleurons qui terminent les bras sont tous différents. Mais voici ce qui lui donne un cachet d’originalité : aux pieds du Christ, dans un encadrement terminé par un pignon est assis un personnage couronné, au-dessous est une inscription.



Le socle de la croix présente d’abord une pierre dont les angles sont brisés. Elle est enchâssée dans le massif inférieur, reconstruit bien postérieurement en pierres tout unies. Sur ce débris du monument primitif sont sculptées des arcades en plein cintre servant de niches, et dans chacune se tient debout un personnage couronné. Il ne reste que deux de ces arcades, mais on voit partir des supports extrêmes de nouvelles archivoltes brisées presque à la naissance. La série de personnages devait donc se continuer et faire le tour du socle comme l’inscription qui la surmonte.

Avant de proposer une explication de ce singulier piédestal, recherchons, en nous appuyant sur l’histoire et la tradition, l’époque à laquelle doit remonter la Croix de Charlemagne, et aussi la date de la fondation de l’abbaye Notre-Dame de Roncevaux. Si nous interrogeons l’histoire, nous savons ce qu’Eginhard nous répond, puis le silence se fait pendant deux siècles. Tout-à-coup en Espagne, en France, en Italie, retentit le nom de Roland. La chronique de l’archevêque Turpin De vita Caroli magni et Rolandi, se trouve dans toutes les bibliothèques — Turpin ou Tilpin, 29e archevêque de Reims, était contemporain de Charlemagne. La date de sa naissance est inconnue, celle de sa mort a été l’objet de bien des controverses. Il fut inhumé dans son église cathédrale et Hincmart lui fit une épitaphe en vers latins.


les rendez-vous de l'histoire  1145


Col de Roncevaux
La chronique de l’archevêque, écrite en latin, contient 32 chapitres et traite uniquement de l’expédition d’Espagne. C’est là qu’on rencontre pour la première fois les détails fameux de la mort de Roland. Plus tard, la grande chronique des faits et gestes de Charlemagne et de ses douze pairs a reproduit presque sans aucun changement la chronique de Turpin et y a joint le récit des exploits de Charlemagne et de ses paladins marchant à la délivrance du tombeau du Christ. La scène était déplacée, le cadre s’élargissait ; alors parurent successivement les romans des Quatre Fils Aymon, d’Ogier le Danois et tous ceux du cycle de Charlemagne.

Nous n’avons à nous occuper pour le moment que de la chronique attribuée à l’archevêque de Reims Turpin. C’est le premier témoignage écrit où nous trouvions les traditions poétiques du grand règne : à quelle époque appartient-il ? Aucun des auteurs qui nous restent de l’an 800 à l’an 1000 n’a eu connaissance de cette chronique devenue si célèbre. Le premier qui en parle est Rodolphe de Tortone, moine de Fleury ; il écrivait de 1006 à 1145.



En 1160, Julien, archevêque de Tolède, en trouve un manuscrit à l’abbaye de Saint-Denis, mais il reconnaît que ce récit est parsemé de discours fabuleux. Plusieurs anachronismes frappants ne permettent d’ailleurs pas de l’attribuer à un contemporain de Charlemagne. La chevalerie s’y trouve avec des formes et des caractères qu’elle était loin d’avoir au IXe siècle. Il y est question de la Lotharingie, de l’Ile de France, provinces qui ne figurent dans l’histoire qu’après l’avènement des Capétiens. On doit donc reporter cette chronique au XIe siècle ; quelques-uns veulent qu’elle date de l’époque des Croisades, et qu’elle ait eu pour but d’exciter à combattre les Infidèles.

Mais qui l’a composée ? D’où nous est-elle venue ? Lebeuf et Rivet veulent que l’auteur soit un moine de Barcelone : ailleurs nous trouvons que Geoffroy, prieur du Vigeois, avait reçu d’Espagne un exemplaire déjà fort vieux de la Chronique de Turpin. C’était dans la seconde moitié du XIIe siècle. Enfin le choix de la langue latine pour ce récit à une époque où en France la langue romane était si populaire, tout nous porte à penser qu’il a été composé en Espagne dans le courant du XIe siècle.

De plus, nous croyons que le sujet de la chronique De vita Caroli magni se redisait depuis longtemps dans les Pyrénées. L’auteur qui nous a transmis ces récits les a recueillis de la bouche des montagnards. Il est impossible qu’une fiction s’empare tout-à-coup de toutes les intelligences, se trouve en un instant dans toutes les bibliothèques, si elle n’était déjà dans la mémoire du peuple depuis longtemps. Le poète chevaleresque du Moyen Age, comme le poète à toute époque, s’il est vraiment populaire, n’est que l’interprète qui traduit harmonieusement les pensées de la multitude. Il n’est qu’un écho, il n’est pas un inventeur.

La bataille de Roncevaux était un fait important ; il ne devait point rester inaperçu chez les habitants des Pyrénées. En lutte perpétuelle avec les Musulmans, ils avaient besoin de s’animer par le récit des exploits des temps passés, de montrer les héros chrétiens supérieurs aux infidèles. Peuple ami du merveilleux, comme tous les peuples enfants, ils devaient se plaire aux récits des coups d’épée des grands pourfendeurs comme Charlemagne et Roland. Il n’est donc pas étonnant que le souvenir de l’expédition d’Espagne, transmis de génération en génération, se soit enrichi des couleurs que pouvait lui donner l’imagination d’un peuple belliqueux, et en même temps que ce peuple ait dénaturé les faits pour ne donner à Charlemagne d’autres ennemis que ceux que lui-même avait à combattre.



Aussi, bien avant que la chronique de l’archevêque Turpin eût été écrite, le sujet de cette épopée se redisait dans les Pyrénées. On avait oublié l’histoire, et on racontait des choses merveilleuses de Charlemagne, de Roland et de l’archevêque Turpin, lui-même. Déjà vers le milieu du Xe siècle, le nom de Turpin était réuni à celui de Charlemagne dans l’imagination des habitants des Pyrénées : déjà le plus grand titre de gloire pour un couvent était de remonter au grand roi. En 977, dans un acte de donation faite au monastère de la Sorde, il est dit que le couvent de Saint-Jean de la Sorde a été fondé par Charlemagne en 800, et consacré par l’archevêque de Reims qui y fut enseveli à son retour de l’expédition d’Espagne. Il est inutile de relever l’erreur de date, et celle relative à la sépulture de l’archevêque de Reims ; qu’il nous suffise de faire remarquer que le monastère de la Sorde n’est pas compris dans le dénombrement arrêté en 817, au concile d’Aix-la-Chapelle.

Nous venons de suivre le développement de la tradition à laquelle nous devons tous les romans du cycle de Charlemagne, c’est elle qui va maintenant nous donner l’explication de la croix de la vallée de Roncevaux et qui nous fera connaître la cause de la fondation de l’abbaye elle-même.

La croix de Charlemagne porte le cachet de la tradition fabuleuse qui nous a transmis les exploits du modèle des vaillants chevaliers. Nous y lisons le titre même des Grandes Chroniques des faits et gestes de Charlemagne et de ses douze pairs. Le personnage couronné assis sur un trône est le grand empereur : debout à ses pieds, sont les douze pairs. Il ne reste que deux de ces personnages, il est vrai : mais en supposant que le débris sculpté fît partie d’une pierre carrée abattue sur les angles, c’est-à-dire à base octogonale, on verrait les archivoltes se succéder sans interruption, deux sur chaque face primitive, une à la place de chaque angle, de manière à donner douze niches. D’ailleurs, l’inscription qui surmonte ces personnages fait-elle aussi le tour du socle ?

les rendez-vous de l'histoire  1244




Croix de Charlemagne à Roncevaux et fragment d’inscription
La croix de Charlemagne remonterait donc tout au plus au XIIe siècle, comme semblent l’indiquer les ornements des bras de la croix. Reste la forme des lettres qui ne viennent pas contredire cette opinion. Quant au cintre des archivoltes, rien de plus naturel que de le trouver encore à cette époque.

Si nous passons à l’abbaye de Roncevaux, il nous faudra reculer jusqu’au XIIIe siècle, la date de sa fondation ; et nous ne pourrons admettre avec la tradition populaire que les chanoines aient été appelés dans cette solitude par Charlemagne, pour prier sur le lieu même où était tombé le fameux paladin.

Les bâtiments, où sont logés les chanoines et les artisans, qui sont venus exercer leur industrie à l’ombre du couvent, n’ont aucun caractère saisissable d’architecture. Le portail de l’église peut donner quelques indications sur l’époque de la construction de l’abbaye. Il est décoré de colonnes ainsi que la porte d’une dépendance de l’église, ressemblant beaucoup à un ossuaire. Les scoties profondément évidées de la base, les crossettes des chapiteaux, la forme élégante de l’ogive qui surmonte les colonnes rappellent complètement la belle époque de l’architecture gothique, le XIIIsup>e siècle.



L’intérieur défiguré par les générations successives paraît en grande partie reconstruit vers le commencement du XVIIe siècle. Une longue inscription à gauche de l’autel porte la date de 1622. Une église d’un village voisin remonte environ à l’an 1600, c’est aussi à cette époque qu’il semble approprié de reporter la construction des bâtiments de l’abbaye dont il a été question plus haut.

L’histoire nous apprend que le roi de Navarre Sanche-Ie-Fort ou l’Enfermé établit un collège de chanoines et un prieuré dans la vallée de Roncevaux et y bâtit une église pour servir de sépulture à sa famille. C’est ce prince qui changea les armes de Navarre après la mémorable défaite de Mahomet-le-Vert, émir-al-moumenin d’Afrique et d’Espagne, le 16 juillet 1212, en las navas de Tolose en Castille. Par cette date de 1212, nous revenons au XIIIe siècle, à l’époque de la construction de l’église. Les chaînes de fer, trophée de la victoire sur les Maures, sont encore suspendues dans le chœur autour de l’autel.

Mahomet-le-Vert avait fait choix d’un escadron composé de troupes d’élite, s’était placé au milieu, et pour mieux les obliger au combat avait fait entourer ses soldats de chaînes de fer. Le roi de Navarre força le retranchement et Mahomet prit la fuite. Depuis celle époque les armes de Navarre sont formées de chaînes croiselées d’or en champ de gueule, La disposition des chaînes reproduit la forme de la croix, portée jusqu’alors par les rois de Navarre dans leurs armes, et à laquelle Sanche ne voulut pas renoncer.

Tout s’accorde donc pour ne pas faire remonter au-delà du XIIIe siècle la fondation de l’abbaye de Roncevaux ; nous savons d’ailleurs qu’elle n’est pas comprise dans le dénombrement des couvents fondés par Charlemagne. Mais pourquoi Sanche a-t-il choisi pour la sépulture de sa famille ce point éloigné des autres villes de son royaume, cette vallée perdue dans les montagnes ? N’est-ce pas parce que sous l’influence d’un sentiment chevaleresque, il voulut reposer dans le lieu où le modèle des héros chrétiens avait rendu le dernier soupir ? N’est-ce pas parce que la tradition le lui avait désigné, parce qu’un mystérieux prestige s’attachait à cette vallée inconnue de tout le monde, mais dont le nom était dans toutes les bouches ? Peut-être la croix de Charlemagne était-elle déjà debout quand l’abbaye fut fondée.

Aujourd’hui l’église Notre-Dame de Roncevaux est devenue le lieu d’un pèlerinage fréquenté : mais il n’est plus question des rois de Navarre et de leur sépulture. Les générations des rois et les royaumes ont successivement passé. Le couvent est resté debout et s’est rattaché au nom de Charlemagne, à celui de Roland.

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Message  roberto > le Dim 3 Nov - 8:18

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Le compromis 

Une légende raconte qu’autrefois, le Diable était un ange comme les autres.

La veille du premier jour, Dieu les convoqua pour leur annoncer qu’il s’apprêtait à créer. 

Le sang serait rouge comme le poisson, la rose ou les fruits des bois.

L’herbe, verte comme les chenilles et les buissons, ardents ou non. L’Homme serait nu. Quant au ciel...

C’est alors que Lucifer leva la main.

— Oui, Lucifer ? dit Dieu avec condescendance. 

— Le ciel sera noir, dit celui-ci. Comme l’ébène, le charbon et la fumée.

Dieu secoua la tête.

— Le noir est la couleur des ténèbres. Elle n’a aucune place dans ma Création.

Le ciel sera bleu, s'exclama-t-il, comme l’océan.

— Sauf votre respect, Dieu, insista l’ange.

La lumière ne naît-elle pas des ténèbres, l’espoir du malheur, le bleu... du noir ?

Un murmure parcourut l’assemblée.

— Soit, dit Dieu. Nous allons procéder à un vote. 

Ceux qui pensent que le ciel doit être bleu ?

La moitié des anges leva la main.

— Ceux qui pensent que le ciel doit être noir ? 

L’autre moitié des anges, dont Lucifer, leva la main.

Depuis ce jour, une partie de la journée le ciel est bleu, comme Dieu l’avait imaginé,

et l’autre partie il est noir, comme Lucifer l’avait proposé. 

Pour ce qui est des éclipses solaires, cependant, la légende ne dit mot.

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Message  roberto > le Lun 4 Nov - 9:11

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Ascension


Il monte. 

Depuis toujours, il monte. 

Ou presque. 

Pour ce qu’il se rappelle, avant d’avoir monté, il a marché, il y a bien longtemps de ça. 

Sur un sol plat, il s’en souvient encore un peu. 

Puis la pente a commencé à s’accentuer, de plus en plus. 

Maintenant, il monte. 

Presque à la verticale. 

Ce n’est pas trop difficile. Malgré l’inclinaison, les points d’accroche sont nombreux.

Et puis il a l’habitude, il a l’œil pour repérer les pierres adéquates, 

les parties de roches saillantes, plus sûres, les végétaux auxquels il peut s’agripper. 

Alors, il avance. 

Vers le haut. 

Toujours vers le haut. 

Ils sont nombreux à monter. Hommes, femmes, vieux, jeunes, enfants.

A perte de vue, à sa droite, à sa gauche, en dessus, en dessous, ils montent aussi. 

Tous. 

Sans rien dire. 

Sans rien se dire. 

Ils se hissent.

Aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours avancé droit devant,

au milieu des autres. Un parmi la multitude. 

Seul. 

De son enfance, il ne lui reste que peu de souvenirs. 

Probablement, au début, un adulte l’a porté. C’est comme cela que cela se passe.

Quand un adulte rencontre un enfant sur son chemin, il doit le porter jusqu’à ce que le gosse puisse marcher seul. 

Lui-même a été porteur, deux fois. Une petite fille d’abord, un petit garçon ensuite. 

Ils ne l'ont pas beaucoup marqué. Ces (ses ?) enfants l'indifféraient.

Ils étaient encombrants à cause de la pente, de l’effort supplémentaire, de leur poids. 

Un jour, ils ont pu se débrouiller sans lui, seuls. Ils sont partis. 

Droit devant, eux aussi. Il ne les a jamais revus. Ne lui reste que quelques souvenirs épars et sans intérêt qui parfois lui occupent un peu l'esprit. 

Il ne sait pas vraiment combien de temps il les a portés, ni depuis combien de temps ils sont partis.

Le temps est très relatif ici. Il n’y a ni jour, ni nuit, aucun moyen de calculer la moindre durée.

A bien y réfléchir, le plus étonnant, c’est qu’il connaisse ces notions.

Mais il vieillit, preuve tangible que le temps passe bien comme il l’imagine. 

Sans bruit, ils grimpent. 

Seuls.

Silence.
Rompu par les hurlements de ceux qui chutent. Parfois, un homme ou une femme décroche et tombe.

S’ils viennent d’en dessus, il entend leur hurlement de terreur avant de voir passer leur corps en chute libre. 

Il les regarde sombrer dans le vide, tout en continuant d’avancer. 

Il les suit des yeux jusqu’à qu’ils ne soient plus qu’un point minuscule qui finit par disparaître. Bizarre, 

il ne se rappelle pas avoir jamais vu le moindre corps écrasé, plus bas. Jamais un seul.

Des corps qui chutent et n'arrivent nulle part. 

Toujours vers le haut.

Entre eux, jamais un mot, jamais une dispute, jamais aucun son échangé, rien. 

Chacun est bien trop occupé à grimper, à trouver la meilleure prise, à poser le pied au bon endroit, 

à se hisser plus haut, mètre après mètre. 

Il se demande si la pente va continuer à s’accentuer. Cela est-il possible ? 

La paroi est maintenant quasi verticale. 

Progresser est devenu extrêmement difficile.

Le silence est de plus en plus souvent rompu par les cris de terreur.

Mais aussi par autre chose, d'autres bruits, inhabituels.

Depuis peu – quelques heures ? Hier ? Quelques jours ? –,

il a entendu des exclamations en-dessus de sa tête. Des cris bizarres, anormaux, différents. 

De la joie ? 

De l'espoir ? 

Intrigué. Il tire plus fort sur ses bras, plus vite, il veut voir. 

Des réponses, peut être ?

Cela y est, en levant les yeux, il voit la fin de la paroi. 

Il y a donc un but. 

Une conclusion. 

Il accélère.

Il pousse un cri de joie. 

D’autres, autour de lui, font de même.

Voilà, il y est. 

Prenant appui sur ses coudes, il se hisse. 

Un dernier effort et il est debout. Sensation étrange.

Derrière lui, le vide, profond, infini. 

Devant lui, de l’eau, à perte de vue une immense étendue d’eau, une mer, un océan.

Devant. 

Derrière. 

L’eau. 

Le vide.

Il plonge.

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