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Message  roberto > le Ven 1 Nov - 8:36

L'histoire du jour.... 5010 L'histoire du jour.... 10010


Un jour de pluie

Monsieur Kimouille est de nature un peu lente. Il manque les trains, les autobus, arrive souvent en retard au bureau. 

Parfois, il oublie même de se réveiller.

Ce matin, monsieur Kimouille prend son imperméable et sort vers neuf heures pour une course urgente en ville.

En fait, il devrait déjà être arrivé. 

Mais vous savez ce que c’est, on est toujours retardé par quelque chose.

L’imperméable de monsieur Kimouille est un peu vieux.

Il aurait fallu y passer un produit en aérosol pour qu’il soit efficace.

Mais le pauvre homme a déjà tant à faire et il est si en retard !

« Tiens ! il tombe des gouttes ! » se dit le monsieur en franchissant le pas de sa porte.

Et il clopine dans l’allée de son petit pavillon dont il a oublié de payer le loyer parce qu’il pensait à autre chose. 

La pluie se met à tomber plus drue ; et déjà, ses épaules sont toutes mouillées. 

L’imperméable qui ne l’est plus est tout transpercé.

Ça fait comme un drôle de gargouillis dans ses épaules, et monsieur Kimouille continue son chemin dans la rue, 

parmi les poubelles pas ramassées et les chiens sans collier. Plus il va, plus il mouille, plus ça gargouille.

Dans son dos et sur sa tête d’abord, puis peu à peu, le reste de son corps.

Il se sent les jambes toutes ramollies. 

Il va de plus en plus lentement et il se sent de plus en plus content d’aller lentement et de sentir la pluie sur son dos.

Ce qui surprend ceux qui passent, c’est que monsieur Kimouille s’est transformé en escargot.

Il rampe doucement sur la chaussée. Il n’arrivera jamais à temps pour payer son loyer. 

Mais quelle importance ! Il a désormais sa maison sur son dos.

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Message  roberto > le Sam 2 Nov - 8:27

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Jacques a des papillons plein la tête.

Ils sont noirs et s’envolent à tout bout de champ. 

Il a du mal à distinguer ses idées, Jacques. 

Entre deux battements d’ailes, il sent cogner son cœur.

Ça résonne dans sa tête. 

Leur valse à contretemps lui pique les tempes.

Quand il était petit il les adorait pourtant... 

Ils brillaient de mille reflets et lui chatouillaient l’estomac à l’en faire éternuer. 

Il s’en souvient parfois, quand il passe devant l’école primaire à l’heure où les enfants jouent dans la cour.

Sa couleur préférée à Jacques, c’est le jaune. Comme le soleil. Pas jaune paille ou jaune citron. Non, jaune soleil. 

Mais aujourd’hui, il pleut.

Il n’y a plus rien de jaune chez lui. Ni dans son placard, ni dans ses tiroirs. 

Il aurait bien une chemise beige, mais elle est devenue trop serrée pour son gros ventre.

Ça ne le dérange pas, la pluie. Ses larmes s’écoulent, invisibles, salant à peine l’eau qui arrose sa boîte à papillons.

Il n’a jamais eu de parapluie ou de par-à-larmes de toute façon. À quoi ça servirait ? 

Il pleure tous les jeudis. Entre neuf heures trente et onze heures vingt.

Seulement en marchant. Comme il aime pleurer, il est obligé de marcher. 

Il préfère dehors, mais s’il est enfermé, il trouve toujours un couloir ou une pièce dont faire cent fois le tour. 

Pour tourner en rond, il est fortiche Jacques.

Voilà que ça recommence. Ses oreilles sifflent.

Il ne sait pas quand ses papillons se sont fanés. Tous en même temps ? 

Peut-être... Lui, il croit que le premier a contaminé les autres. 

Il s’en veut Jacques. Il aurait dû y faire plus attention. 

Personne ne l’avait prévenu aussi, pourquoi personne ne nous enseigne ces choses là ? 

Savoir compter ça sert à quoi si on doit le faire dans le noir ?

Il a appris à respirer pour ne pas s’affoler. Avant, il tapait son visage très fort dans son oreiller, jusqu’à s’évanouir,

mais le médecin pense que ce n’est pas bon pour sa santé. 

Qu’est-ce qu’il y connait en papillons le médecin ? 

Au moins, ils arrêtent de lui griffer les yeux quand ils sont assommés.

Jacques vient de prendre une grande décision. Il va les noyer.

Jeudi prochain, il ne pleurera pas. Ni celui d’après. Jusqu’à ce que sa tête soit pleine à exploser.

On verra bien s’ils arrivent encore à bouger. 

Quand ils seront tous morts alors, il avisera. Peut-être qu’il ne sera plus jamais dérangé comme ça.

Ou que de nouveaux tous beaux viendront l’habiter ? 

Il aimerait tellement que l’on lui rende ceux qui faisaient vibrer le sol sous ses bottes en caoutchouc

quand il sautait dans les flaques de boue.

Il a longtemps voulu les colorier. En regardant les étoiles ou en mangeant des fleurs.

Il est même tombé amoureux une fois. Enfin il croit. Il n’est jamais sur de rien, Jacques.

Les étoiles l’ont aspiré et les fleurs l’ont enrhumé. 

Quant à l’amour, il est parti avec la dernière aile pas trop foncée. 

Le plus dur, c’est de savoir que ça a existé et qu’il a beau chercher, il n’arrive plus à les retrouver.

L’aide des autres, il n’en veut pas. À chacun sa croix.

Seulement Jacques sent qu’il n’a plus autant d’énergie qu’avant.

Ce bourdonnement permanent le rend fou. 

Avant, ça lui coupait l’appétit. Il a toujours détesté manger en mauvaise compagnie. 

Ces chauves souris lui ont même retiré le goût des aliments. 

Comme si ôter ses rêves n’avait pas été suffisant.

Mais à quatre vingt sept ans, Jacques est fatigué. 

L’espoir fait vivre, il parait, et il ne lui en reste guère...

Il n’y pense jamais à son âge. C’est bizarre que cette pensée lui traverse l’esprit ce matin. 

Monter les escaliers qui mènent à la tonnelle pour observer les arbres qui toussent en attendant l’hiver. En voilà une idée.

Il aime les peupliers Jacques. Surtout ceux qui ne sont pas taillés.

On dirait qu’ils essayent de s’échapper d’une écorce en terre cuite, ça craquelle sans se briser.

Son souffle devient court. Il attrape la rambarde du parc qui lui tombe sous la main.

Pour la première fois depuis son dernier baiser il sent les papillons s’arrêter comme quand on appuie sur le bouton pause du magnétoscope. 

L’image se fige et grésille. Ils filent. Ils s’envolent à travers l’atmosphère.

Il les voit s’estomper au loin en direction du soleil. Ça scintille.

Ses paupières se ferment, ses genoux touchent terre. Jacques est calme, enfin. 

Il peut lâcher la rambarde. Ses doigts glissent lentement sur le fer forgé.

Il n’a plus envie de pleurer, Jacques.

Les papillons sont dépassés.

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Message  roberto > le Mar 5 Nov - 7:55

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Ma fée

POURQUOI ON A AIMÉ ?

Cette petite fée trouvée au hasard nous a charmés, il faut bien le dire... 

Parce que se dégage de cette histoire une poésie douce.

J’ai capturé une fée !

Ah non... Non, non, non... Ça, c’est la version pour faire le malin auprès de mes copains.

Mais en réalité, j’ai recueilli une fée.

Elle était là, les ailes froissées, les traits tirés sur le rebord de ma fenêtre.

J’ai d’abord cru à un oiseau, un petit passereau qui se serait cogné au carreau et serait tombé étourdi. 

Parce qu’étourdie, ça, elle l’était et puis transie aussi.

En cet hiver qui s’éternise, il ne fait pas un temps à mettre une fée dehors. 

Pourtant, elle était là. Comment ? Pourquoi ? Je ne sais pas.

J’ai chaussé mes lunettes, sans elles je n’y vois pas bien, et j’ai regardé de plus près.

Ce n’était pas une mésange bleue – comme je l’avais d’abord supposé à cause de ce petit chapeau qu’elle avait sur la tête 

et de sa robe jonquille ou mimosa (enfin jaune quoi ! 

Je n’y connais pas grand-chose en couleur de fleur) masquée en partie par son manteau gris souris.

Elle semblait un peu groggy, le froid l’avait un peu bleuie. 

Ses tremblements ne cessaient pas et elle avait la chair de poule – plutôt une chair de poussin fille :

elle était petite –, elle semblait fragile, alors j’ai ouvert la fenêtre.

Je me suis inquiété, j’ai cru qu’elle était morte. Je l’ai prise doucement dans ma main, elle respirait. 

Je me sentais un peu empoté, c’était ma première fée, je ne savais pas trop comment il fallait s’y prendre. 

Je me suis assis dans mon canapé et, pour la réchauffer, j’ai mis ma deuxième main en couvercle,

en écartant un peu les doigts pour qu’elle ait de la lumière et assez d’air, et j’ai attendu. 

J’avais envie d’une cigarette mais... il fallait que je m’occupe de ma fée.

Ma fée... Je crois que c’est en me faisant cette réflexion, à ce simple possessif qui s’est imposé malgré moi,

que je me suis dit que je m’attachais déjà.

Immobile, j’ai attendu. Je suis patient, c’est une de mes forces.

Au bout d’un certain temps, un léger mouvement a chatouillé ma paume, 

j’ai déplié mes doigts et je l’ai surprise en plein bâillement, bouche grand ouverte.

J’ai souri. C’est étrange le son du bâillement d’une fée, comme un pépiement grave. 

Elle m’a regardé et m’a asséné, effrontée : « Oui, je ne mets jamais ma main devant la bouche. 

Je bâille comme ça, bouche grand ouverte, si ça ne te plaît pas, je peux partir ! »

Je crois qu’elle était vexée d’être prise sur le fait. C’est susceptible une fée.

J’ai dit « d’accord » et puis « non, non ».

Je me suis rendu compte que ma réponse n’était pas claire alors j’ai repris :

— Tu peux bâiller comme tu veux.

— Oui ! Je bâille comme je veux ! Fais-moi chauffer un peu de lait mais pas trop chaud 

et mets-le dans une tasse un peu plate. Pfff... J’espère que tu as une tasse un peu plate.

Je me suis dit qu’elle avait du tempérament et qu’elle aurait pu dire « s’il te plaît » 

mais qu’après tout, je ne connaissais pas les conventions en vigueur chez les fées. 

J’ai ouvert le grand bahut et je lui ai montré différents modèles de tasse.

Elle a choisi un ramequin finalement.

J’ai fait chauffer un peu de lait. Elle était déçue que ce soit du demi-écrémé, 

elle m’a demandé de rajouter un peu de crème dedans et un peu de cannelle aussi. 

Je me suis exécuté. Puis j’ai versé le liquide parfumé dans le ramequin.

Elle a plongé la main dedans : « Merci, il est juste chaud comme j’aime ».

Elle a ôté son chapeau, enlevé son manteau mais quand j’ai vu qu’elle s’apprêtait à dégrafer sa robe,

je lui ai chuchoté : « Je te laisse, je vais fumer une cigarette sur le balcon ». 

Elle m’a alors adressé un grand sourire, un de ceux qui chavirent et m’a répondu « OK ».

Quand je suis revenu, le ramequin était inhabité, la robe, le manteau, le chapeau et la fée disparus,

mais un peu de lait sur la paillasse dessinait un « merci » tracé à la pointe du pied.

J’ai recueilli une fée et chaque matin, quand je me prépare un café, je jette un œil au rebord de la fenêtre... 

Je suis patient. C’est une de mes forces.

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Message  roberto > le Mer 6 Nov - 9:01

L'histoire du jour.... 5010

Le jardin des fées 

Il existe quelque part, dans un village tout près d’ici, un jardin extraordinaire connu de seulement quelques privilégiés. 

Ses propriétaires ont le cœur pur et l’âme singulière. 

Les fées (qui existent encore) aiment à y venir quand le jour s’achève.

C’est l’instant où la lumière du soir inonde les près, se fond dans un horizon habillé d’or en fusion et de soie rosée.

Le bleu de la nuit s’attarde un peu

. Entre la lumière mourante et l’obscurité naissante, se dessine « le chemin des fées ».

Elles s’y éveillent doucement. Les imperceptibles vibrances de leurs ailes transparentes font naître une brise d’été, doucement parfumée.

Pour être admis sur « le chemin des fées », il faut savoir s’émerveiller des petits bonheurs de rien.

Voir s’ouvrir les roses, entendre les vagues des blés mûrs chanter sous le vent, connaître le gazouillis de la source au fond des bois,

sentir sur sa joue le frôlement du papillon, et surtout, avoir gardé son « âme d’enfant ». 

Peu ont cette chance ! Les humains de ce jardin ont cette grâce, et la partagent, dans la douceur des soirs d’été.

Dans ce jardin, il y a une maison. Chaleureuse, simple. 

Quand s’allume « le chemin des fées » portes et fenêtres s’ouvrent pour laisser jaillir une tribu de chats, de tous âges et de tous poils. 

Ils s’étirent, se toilettent soigneusement, baillent à qui peut le plus, dévoilent palais rose et dents aiguës.

Puis, pelage lisse et brillant, ils sortent vivre, silencieux et discrets, leur nuit féline.

Ils sont nombreux, et ont en commun un passé parfois difficile, qui ouvre au respect et à la tolérance. 

Les maîtres du logis sont accueillants. Toute vie trouve refuge si elle en fait la demande. 

Quelques récalcitrants ont parfois besoin de se faire un peu « forcer la patte » ! Mais la tendresse est toute puissante... 

Les deux chiens furètent à « truffe que veux-tu » et font, quand cela est nécessaire,

leur travail de gardien, mais avec une motivation... qui manque un peu de motivation !

Visiter le jardin est un voyage ! Senteurs suaves, camaïeux de couleurs brusquement interrompus

par des bouquets de fleurs ensauvagées, gourmandises de hasard... tout appelle au rêve... Le passé vit au présent.

Les fées saupoudrent le sol de la poussière du souvenir. Il en faut peu.

Quelques grains accrochés aux semelles de vos souliers, et soudain, au piquant d’un framboisier, l’esprit s’évade. 

Dans un élan imprévisible, les mondes de l’enfance dansent dans les regards, franchissent les lèvres en mots incertains, 

et tout soudain, coulent les rivières enchanteresses aux tourbillons des souvenirs.

Tout un petit monde, d’ordinaire fort guerrier, vit en paix dans une liberté totale. 

Les deux chiens ne chassent pas les chats, les chats côtoient fraternellement les poules, et les poules retiennent leurs becs, 

s’il arrive que chiens ou chats s’approchent de trop près. Il y a bien quelquefois de petits incidents... 

Les territoires peuvent avoir, en fonction des populations, des limites fluctuantes, et leurs habitants des doses de patience très variables.

L’intérêt devient alors de la curiosité, et la curiosité, comme chacun sait, est un vilain défaut chez la gent animale... 

comme chez les êtres humains. Trop de curiosité peut parfois aboutir à des conséquences... étonnantes !

Les fées ont à l’égard du jardin qui les abrite, quelques menus devoirs : trouver le mélange des parfums 

qui fait tourner la tête des amoureux, ourler, d’une main légère, les pétales de roses, donner aux perles de la rosée du matin l’éclat du diamant. 

Elles savent, mieux que personne, « faire neiger le pommier », emperler la toile de l’araignée au brouillard de l’automne,

faire chanter la terre sous la soc de la charrue. Elles sont discrètes, et savent laisser à l’homme l’illusion « qu’il sait tout ».

Dans l’heure qui s’avance, « le chemin des fées » s’ouvre à la nuit. 

C’est l’instant troublant où les rêves des hommes se préparent à chevaucher l’univers, 

pour y inscrire des mondes improbables, assouvissent désirs et délires.

Au chant des souvenirs, s’inscrivent des ombres légères. La trace de leurs pas, qui ne s’efface jamais,

n’est pourtant visible qu’au cœur de ceux qui les ont tendrement aimés, quand le privilège précieux de la vie leur était encore accordé.

Elles ne s’éloignent pas. Leur mission est amour et protection.

Dans l'ombre installée, les papillons de nuit s’en donnent « à vol joie ». 

Leur seul souci est d’éviter la patte vive des chatons. 

Il faut bien que jeunesse se passe. Les rossignols enroulent leurs trilles aux notes de musique, 

et accompagnent le piano qui offre, par la fenêtre ouverte, le mélodie du bonheur.

Bercées par le vent, les fées s’endorment dans les roses.

La nuit s’est installée si doucement que personne ne l’a vue venir. Demain est un autre jour.

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Message  roberto > le Jeu 7 Nov - 9:27

L'histoire du jour.... 5110

Sur ses ailes 

Une pomme.

Un bateau.

Un oiseau.

Des dizaines d’objets et d’animaux divers paradent inlassablement sous les yeux de la jeune fille allongée sur l’herbe de la prairie.

Des dizaines de nuages sur lesquels elle aime mettre un mot, une fonction, un sentiment. 

Elle se sent détendue, les mains croisées sous sa longue chevelure brune.

Le défilé des nuages blancs se reflète dans ses yeux verts. Elle passerait des heures ainsi, sans se soucier du temps qui passe. 

Chaque jour, elle emprunte le chemin de terre menant tout en haut de la colline faisant face à la demeure familiale.

Elle s’y installe pour guetter le rêve qu’elle ne peut atteindre. 

Ce rêve qui, quoi qu’il arrive, continue de la faire sourire même après tant d’années. 

Un rêve qui ne se réalisera sans doute jamais.

Elle attend désespérément de le voir apparaître, de croiser son regard si profond qu’elle n’a jamais oublié.

Ses ailes déployées avaient fait naître chez Susan un sentiment d’envie.

Elle aurait donné n’importe quoi pour pouvoir voler à sa rencontre dans ce ciel immaculé de juillet.

L’aigle s’était approché d’eux alors qu’ils pique-niquaient et s’était posé sur un arbre, à quelques mètres de la jeune fille. 

Il avait alors tourné vers elle sa tête majestueuse et elle s’était perdue dans un océan de pénombre. 

Elle aurait voulu ne jamais rompre ce regard hypnotisant, mais le volatile avait fini par quitter son perchoir et disparaître à l’horizon. 

Depuis, cette image la hante à chaque instant. Ses rêves sont peuplés d’ailes et de becs jaunes. 

Elle aimerait tellement le rejoindre, voler à ses côtés vers des contrées lointaines.

Elle a vu passer des centaines d’aigles depuis maintenant quatre ans, mais aucun ne lui ressemblait. 

Elle est persuadée qu’il reviendra un jour.

Elle sait qu’il retrouvera le chemin qui l’a amené sur cette colline la première fois, 

il y a si longtemps. Personne ne comprend son obsession pour le rapace, mais elle continue d’espérer.

Il faut simplement être patient, et Susan est très patiente. 

C’est alors qu’elle le voit. 

Il se faufile entre deux nuages en forme de fruits et amorce un virage qui laisse entrapercevoir l’envergure de ses ailes.

C’est lui, elle en est certaine ! 

Susan est fébrile, elle sait qu’il vient pour elle. Sinon, pourquoi descendrait-il si rapidement dans sa direction ?

Avant de toucher le sol, l’aigle majestueux se redresse subitement et pose ses griffes au milieu d’un parterre de jonquilles. 

Il est immense. Sa tête est à la même hauteur que celle de la jeune fille et 

elle peut pour la deuxième fois de sa vie se fondre dans l’infini de ses yeux. 

Lentement, l’aigle tend une aile dans sa direction. Avec une pointe de surprise, elle s’y accroche et s’installe sur son dos. 

Elle doit rêver, comment peut-il en être autrement ? Mais si tel est le cas, pourquoi ne pas en profiter pour se laisser aller ? 

Après tout, rien ne l’empêche d’imaginer qu’elle est réellement assise sur le dos d’un aigle dont elle a attendu la venue durant tant d’années.

Lorsqu’il décolle, elle sent son cœur la quitter pour rester sur la prairie.

Des palpitations secouent son corps tout entier lorsqu’elle se rend compte de ce qui est en train de se produire.

Elle étend délicatement ses bras sur les ailes du rapace et pose sa tête dans son cou. 

Susan se délecte du vent qui fait voler ses cheveux et de la vie terrestre qui s’éloigne rapidement sous ses pieds. 

Elle traverse avec aisance la couche de nuage qu’elle se plaisait tant à admirer et pénètre dans un monde féérique. 

Ici, tout est différent : les sons, les couleurs et même les oiseaux. 

Tout est plus lumineux, plus vivant.

Les rapaces et les cigognes qu’ils croisent semblent leur faire signe,

volant à leurs côtés comme pour escorter cette visiteuse incongrue. 

Susan ferme les yeux quelques instants et tente d’imprimer chaque sensation dans son esprit. 

Elle se sent libre.

Libre et plus heureuse qu’elle ne l’a jamais été.

Le vol dure longtemps. Mais pas assez. 

Bientôt, les maisons se font plus distinctes et elle peut de nouveau apercevoir les couleurs des fleurs sur la colline. 

L’aigle atterrit avec grâce et tend son aile afin de laisser Susan glisser sur l’herbe.

Puis, il lui jette un dernier regard dénué de sentiments et s’envole à travers l’océan bleuté de sa propre demeure.

Susan comprend à ce moment-là qu’elle ne le reverra plus jamais. 

Mais qu’importe. Elle vient de vivre le plus beau moment de sa vie.

« Susan, réveille-toi ma chérie, le diner est prêt. »

Susan ouvre les yeux et aperçoit l’ombre de sa mère penchée sur elle, se détachant devant le soleil étincelant.

Ce n’était qu’un rêve. Le rapace n’est jamais revenu la voir. Mais la jeune fille n’est pas triste, au contraire.

A vrai dire, elle s’en doutait un peu. Et même si elle n’a pas réellement vécu ce voyage féérique,

elle en a tous les souvenirs gravés à jamais dans sa mémoire, et cela lui suffit.

Avec l’aide de sa mère, elle se hisse sur la chaise roulante posée à ses côtés et se laisse guider vers sa maison. 

Elle ne marchera sans doute plus jamais, mais maintenant, grâce à ce merveilleux rêve,

elle sait qu’elle possède au moins la faculté de voler.

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Message  roberto > le Ven 8 Nov - 18:48

L'histoire du jour.... 5210

Skyforger (inspiré la chanson du groupe Amorphis)

Moska


Pour qui se prennent-ils ? 

Pour qui osent-ils se prendre ? 

Que sont-ils pour penser qu’ils sont les maîtres de ce domaine ?

Ils ont oublié. Depuis tant d’années, ils m’ont oublié. 

Mais ceci est mon domaine.

Je les ai vus rampants, se redressant, vivant dans la crainte des autres créatures, essayant de survivre sur mon domaine. 

Un arbre, une grotte, une clairière traversée d’un ruisseau d’eau fraîche ; autant de lieux où ils vécurent, 

résistèrent à un destin pourtant incontournable.

En ces temps reculés de leur piètre existence ils ont frôlé l’extinction. 

C’est Moi qui les ai sauvés. 

C’est en ces temps-là qu’ils ont commencé, afin d’essayer de comprendre leur but sur mon domaine, à inventer des histoires. 

Ils se mirent à observer les cieux, à écouter les murmures du vent, à comprendre les bêtes, à réfléchir

à la place que tout cela occupait dans cette entièreté. Ils étaient sages en ces temps-là. 

C’est Moi qui les ai sauvés. Je les ai placés à l’endroit parfait.

Ce lieu où tout ce qui leur était vital était à leur portée. Ils ont compris et ces histoires parlaient de Moi et en ces temps, 

ils vécurent, ils grandirent, évoluèrent et avec tout ça leur vint une assurance surnaturelle.

Ils eurent confiance en eux, plus que de raison, et oublièrent leur place.

J’ai alors inventé les déserts arides, inhabités, inhospitaliers, d’une chaleur torride. 

J’ai alors créé les tempêtes de mon souffle, pour leur éteindre cette prétention qu’ils avaient sur ma création. 

Je leur ai pourtant tout donné. C’est Moi qui ai créé cette vie qu’ils chérissent tant.

J’ai créé cette prouesse de monde. On m’a fait pour créer ce miracle de vie. 

Mais ils continuèrent à se prendre pour ce qu’ils n’étaient pas. Ils se mirent à se prendre pour Moi, créant, inventant, façonnant tant de choses... 

Ils étaient si ingénieux qu’ils commencèrent à me défier, à créer des moyens d’essayer de fuir ce destin funeste qui est le leur.

Ils ne comprennent rien. Ils ont oublié mes conseils, ma vision. Ce souvenir n’est plus.

Mais pourtant, rien n’est plus clair, rien n’est plus visible que ma volonté. 

J’aurais pu les créer invincibles, insoumis à la peur ou à la douleur. Mais ils n’auraient jamais évolué.

Ils seraient restés à leur état initial, de vaines créatures parmi les autres, errantes de par le monde.

Je les aimais, et de là partit le chaos.

En voulant toujours les faire se dépasser, toujours se battre, les plaçant sans cesse dans l’adversité, ils ont évolué.

Et j’étais heureux. Ils étaient à mon image. Ils créaient pour leur plaisir, ou leur besoin. 

Parfois, j’en vins à me dire qu’ils étaient comme Moi. Et les siècles passèrent, la vie continua, et leur faim se fit de plus en plus grande.

Et leur soif de savoirs, de pouvoirs, de liberté, de vivre en devint insolente. Je suis à ma place, je fais ce que je dois faire. 

Ils ont tout oublié de Moi et le combat commença.

Ils ne comprennent plus ! Ils ne se rappellent plus ! Mais Je suis celui qui va tout rétablir ! Ils m’ont défié ! 

Alors je crée tous les jours de nouveaux maux, maladies du corps, maladies de l’âme, de leurs âmes corrompues. 

Je vais leur montrer qu’ils auraient dû continuer à me craindre ! De suivre leur voie, en restant à leur place ! 

J’ai créé les sinistres ! J’ai inventé les ouragans et les tornades ! La terre tremble de ma fureur de voir mes créatures favorites, 

mes amis de longue date, mes fils me trahir de la sorte ! Ils ont oublié que j’ai créé la mort !

Ce destin qu’ils cherchent à fuir mais qui rend chacun de leurs instants de vie si puissants et si précieux ! 

J’ai créé la beauté ! Et quelle est plus belle beauté que celle qui est éphémère ? Les fous ! Comment ont-ils pu oublier ? 

Je vois à travers les montagnes, je vois à travers les cœurs ! Ceci est mon domaine ! Le mien ! J

’ai forgé les horizons ! J’ai forgé tous ces lieux ! J’ai créé le grand arc céleste !

Je suis tout, je suis le néant, je suis... Le forgeron des cieux.

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Message  roberto > le Sam 9 Nov - 14:23

L'histoire du jour.... 5511

Le vagabond des mondes

S’il fait le moindre bruit sa vie se brisera comme du cristal. 

Shassân attend, tapi dans les hautes herbes avec l’immobilité d’une roche. 

Son souffle est lent et ample, sa respiration consciente est la meilleure arme pour affronter l’attente. 

Elle ne devrait plus tarder cependant ! C’est l’heure pour elle de s’abreuver d’étoiles. 

Shassân sait qu’il aura beaucoup de mal à viser. Son corps est engourdi. 

Ses doigts sont contractés par le gel. Une profonde mélancolie imprègne son Cœur.

Il songe à tous ses voyages, à toutes ses errances qui lui ont valu le surnom de Vagabond des Mondes. 

Ses pensées essayent de l’entraîner ailleurs, loin d’ici, loin du roucoulement enchanteur de la Source. 

L’eau vivante s’écoule rêveuse au cœur de la forêt. Il lui paraît tellement inconcevable de rompre cette harmonie, 

de décocher une flèche dans ce majestueux bosquet. Hélas sa survie même en dépend. 

A-t-il déjà utilisé un de ces projectiles sacrés pour assassiner ? Non !

Shassân s’est toujours battu avec honneur. Il affronte ses ennemis en face et respecte le code de la Tri-Spirale. 

Mais cette fois-ci il n’a pas le choix ! Sans l’effet de surprise et un tir parfait, l’ennemi le terrasserait immédiatement.

Il ferme les yeux un instant, cherche à faire le vide pour rétablir cette concentration sans faille, acquise au gré des batailles. 

Le vent souffle dans les branchages un hymne divin. 

Il respire les senteurs de cette terre fraîche et humide, gorgée de vie et de soleil, après une longue journée d’un printemps radieux. 

Il puise dans la force de cette nature amicale, l’énergie dont il aura besoin pour combattre. 

Il n’a presque rien entendu, c’est comme si elle galopait au-dessus du sol, sur un chemin céleste invisible. 

Elle a jailli dans la clairière toute embrasée des feux du crépuscule. Elle a flairé l’air avec cet air noble et unique qui caractérise sa race.

Elle s’est glissée près de l’eau aussi légère qu’un fantôme. 

Elle se contemple dans le miroir onirique de la source des rêves. Shassân sent tous ses muscles se tendre. 

Il doit contenir sa peur et dompter ses pensées car ce n’est pas encore le moment. Elle doit boire d’abord ! 

Elle doit se pencher, hennir doucement et tremper sa corne unique dans les flots irisés.

Elle est si blanche, si pure, il souffre pour elle. Il souffre à l’idée de la voir périr.

Il n’a aucun droit à l’échec. De toute façon, il n’y survivrait pas. Pourtant l’idée de mourir lui apparaît de plus en plus attirante. 

Une Promesse de Paix, le serment de retrouver la plénitude ressentie lors des grandes cérémonies druidiques.

Oui, l’or de la fraternité, l’or intérieur... Il voudrait être loin d’ici avec ses pairs, célébrer les feux de Beltaine, 

boire assez pour être grisé et danser sous le gui avec les magiciennes de la troupe.

Au lieu de l’ivresse sacrée, il se doit de garder sa froide concentration, sa maîtrise du corps infaillible.

La Licorne contemple le ciel prendre ses couleurs mystiques. Ce violet intense et ses dégradés subtils sont l’œuvre des dieux.

Elle n’a pas décelé la présence de l’intrus. Heureusement qu’elle ne peut pas percevoir la tempête dans son esprit, 

ni ressentir la tourmente émotionnel qui gronde en son âme. 
Shassân serre les dents tandis que la déesse blanche se mire dans les eaux pourpres du crépuscule. 

Elle attend que les étoiles se reflètent dans le calme miroir de la source. 

C’est à ce moment-là qu’elle boira le nectar nocturne et que sa corne sacrée reprendra tout son pouvoir magique. 

Ce pouvoir que tous les mages et les démons convoitent. C’est à ce moment qu’il lâchera son unique flèche. 

Il n’a pas prévu de deuxième essai.

La nuit tisse son manteau d’ombre entre les arbres immenses. 

Les titans d’écorce, millénaires, veillent sur les secrets de la forêt sacrée. Shassân déglutit.

La première étoile se lève au-dessus des cimes. La Licorne lentement se penche. 

La corde de l’arc se tend et vibre légèrement. Elle a frémi. A-t-elle entendu la mort s’approcher ? Non !

Elle boit les étoiles, les astres tourbillonnent dans sa bouche, le fluide fait luire sa corne d’un halo flamboyant. 

Soudain des petites pousses vertes jaillissent sur l’ivoire. 

Shassân, implacable, décoche sa flèche. La pointe magique, effilée, s’enfonce dans la chair obscure du monstre. 

Le démon hideux qui voulait dérober la corne céleste de la Licorne a été frappé de plein fouet dans le front. Maintenant, blessé à mort, 

il rugit et lacère le vide de ses griffes. 
La Déesse Blanche ne lui laisse pas le temps de se reprendre. Elle transperce sa poitrine d’un coup de corne foudroyant. 

Il hurle encore une fois avant que son corps se disperse, se dissipe en brume noire tel un mauvais rêve. 

Shassân s’est levé. Il se tient droit, digne. Il sait le châtiment réservé aux druides s’étant approché de la Source des rêves sans autorisation.

La Déesse Blanche lui accorde un dernier regard tendre. Elle n’a pas besoin de le punir.

En rompant ses vœux de druide, en assassinant un être surnaturel, 

fut-il un démon, Shassân s’est lui-même condamné à quitter son ordre et ses amis. 

Comment savait-il que le démon frapperait ce soir ? Pendant la première pleine lune de mai ? 

La Licorne ne le saurait jamais. Mais en le voyant partir la tête basse, elle savait qu’un long voyage solitaire l’attendait, 

un périple initiatique qui conduirait Shassân à une liberté qu’il n’avait encore jamais entrevue..

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Message  roberto > le Dim 10 Nov - 17:24

L'histoire du jour.... 10010


Un don particulier 

Christine avait un don. Elle en avait pris conscience dès sa petite enfance. 

Elle avait la faculté, en se concentrant avec beaucoup d’intensité, de créer mille choses dont elle avait envie ou besoin.

Ce don particulier, elle n’en avait jamais parlé à personne, ni à sa mère, ni à son père, ni à sa famille, ni à ses amis.

C’est en désirant très fortement un bonbon à l’âge de cinq ans qu’elle avait eu la surprise de voir, devant ses yeux, 

se former une confiserie telle qu’elle l’avait imaginée dans son esprit.

Ensuite, elle en avait fait de même pour une pâtisserie, puis une poupée,

puis plein d’autres choses encore, toujours en cachette de ses parents.

C’était une petite fille calme, discrète, qui lisait beaucoup, sortait peu, 

et étant fille unique était souvent seule, solitaire et sans amie. 

Cela lui permit de se créer un monde, son univers à elle, à son image, en silence dans son coin,

sans que personne ne découvre son secret.

Puis, les années passant, elle perdit ses parents l’un après l’autre et décida de changer de vie en allant s’installer dans 

le Midi de la France pour vivre sa vie loin de Paris, au soleil, là où personne ne la connaîtrait.

Pas de mari, pas d’enfant et sans véritable ami, elle était libre et sans contrainte aucune arrivée à l’âge de quarante ans.

C’est ainsi que Christine débarqua dans un joli petit village, dans l’arrière pays de la Côte d’Azur, 

après avoir vendu l’appartement parisien de ses parents. 

Elle s’y installa rapidement, avec très peu de meubles, juste le nécessaire vital, et une petite voiture.

Elle avait posé son choix sur une grande maison à retaper, loin du village, dans les hauteurs,

et entourée d’un grand mur pour être bien tranquille.

Les villageois, intrigués par cette nouvelle venue, ne la rencontraient que le jour du marché, le mercredi, 

où elle descendait avec sa petite Clio bleu ciel, habillée très simplement, 

pour acheter quelques fruits et légumes, un peu de fromage et une boîte de six œufs frais.

Sa seule folie était d’aller acheter régulièrement chez l’épicier du village des revues de décoration, 

de mode et de cuisine en prenant son beurre, son huile et son pain.

Bien sûr, elle échangeait quelques banalités avec les commerçants et les habitants, toujours souriante et agréable,

mais jamais elle n’avait invité qui que ce soit dans sa maison, et jamais personne ne l’avait invitée non plus. 

Bref, personne ne la connaissait vraiment, même si « la parisienne » faisait parler d’elle dans toutes les maisons du petit bourg. 

Certains la prenaient pour une folle, d’autres pour une femme réservée, et d’autres pour une philosophe.

Des tas d’histoires circulaient dans le village, à son sujet, plus fantasques les unes que les autres. 

Mais Christine n’en n’avait que faire, et malgré son isolement, elle ne s’ennuyait pas, au contraire. 

Elle travaillait beaucoup toute la journée et même parfois la nuit. Elle feuilletait ses magazines de décoration 

et se concentrait sur des objets, des ameublements ou des idées qui lui plaisaient. 

C’est ainsi qu’elle avait des tableaux de grands maîtres sur ses murs, une garde-robe de grands couturiers dans ses placards 

et des menus de grands chefs à tous ses repas. Elle avait ainsi décoré toute sa maison avec goût et dans le plus grand luxe, 

tel qu’on peut voir dans les meilleures revues d’architectures intérieures.

A force d’exercer son don, elle était devenue très douée et avait même réussi à se créer deux animaux de compagnie :

un chien et un chat, pour la distraire, qu’elle avait, eux aussi, choisis sur catalogue. 

Ils étaient très mignons, dociles et câlins, et surtout, ce qui était pratique, 

c’est qu’elle n’avait pas besoin de les nourrir ni de les promener.

Christine vécut ainsi plusieurs dizaines d’années, recluse dans sa grande maison, 

en harmonie avec elle-même et bien cachée des regards indiscrets, sans que personne ne découvre son secret.

Et puis un jour, l’épicier ne voyant plus Christine venir à sa boutique depuis plus de deux semaines, 

demanda au facteur d’aller voir sur la colline pour aller s’enquérir de sa santé.

Le brave homme passa trois jours de suite, sonna et tambourina à la porte, mais aucune réponse ne lui parvint.

Il en informa le commerçant, qui lui-même en informa aussitôt le maire du village.

L’homme, en tant qu’agent de l’Etat, compris bien vite qu’il se passait quelque chose de grave 

et demanda aux pompiers d’aller y voir de plus près.

Quand les pompiers défoncèrent la porte pour entrer dans la maison,

ils trouvèrent rapidement Christine dans son lit, allongée et morte depuis plusieurs jours.

Ils furent étonnés de trouver la maison telle qu’elle était des années auparavant et même en pire état de délabrement. 

Aucun travaux ni aucune décoration n’avait été faits, et seuls quelques meubles indispensables pour vivre étaient posés çà et là 

parmi les nombreuses pièces de cette grande bâtisse. Christine avait vécu pendant toutes ces années dans un dénuement presque total,

comme une ermite. Une seule chose surpris cependant les pompiers : dans une pièce, bien classée par années et par rubriques, 

était impeccablement rangée une importante collection de revues de décoration, de mode et de cuisine.

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Message  roberto > le Lun 11 Nov - 13:32

L'histoire du jour.... 342



Larmes de mère !

Un petit garçon demande à sa mère 
"Pourquoi pleures-tu ?" 
"Parce que je suis une femme" 
lui répond-elle.
"Je ne comprends pas" dit-il.
Sa mère l'étreint et lui dit 
"Et jamais tu ne réussiras". 
Plus tard le petit garçon demanda à son père 
"Pourquoi maman pleure-t-elle sans raison ?"
"Toutes les femmes pleurent sans raison" 
fut tout ce que son père put lui dire.
Le petit garçon grandit et devint un homme, 
toujours se demandant 
pourquoi les femmes pleurent aussi facilement. 
Finalement il appela Dieu; 
quand Dieu répondit au téléphone, il demanda 
"Seigneur, pourquoi les femmes pleurent aussi facilement ?"
Dieu répondit 
"Quand j'ai fait la femme, elle devait être spéciale. 
J'ai fait ses épaules assez fortes 
pour porter le poids du monde; 
mais quand même assez douces pour être confortables". 
"Je lui ai donné une force 
intérieure pour endurer les naissances
et le rejet qui vient souvent des enfants."
"Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer 
quand tout le monde abandonne 
et prendre soin de sa famille 
en dépit de la maladie et de la fatigue, sans se plaindre."
"Je lui ai donné la sensibilité pour aimer ses enfants 
dans n'importe quelle circonstance 
quand ces derniers l'ont blessée très durement". 
"Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts 
et je l'ai fait d'une de ses côtes pour protéger son coeur".
"Je lui ai donné la sagesse de savoir 
qu'un bon époux ne blesse jamais sa femme,
mais quelques fois teste sa force 
et sa détermination de demeurer à ses côtés sans faiblir."
"Et finalement je lui ai donné une larme à verser. 
Cela est exclusivement à son usage personnel 
quand elle le juge bon."
"Tu vois : 
La beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements qu'elle porte, 
ni dans le visage qu'elle montre 
ou dans la façon de se peigner les cheveux."
"La beauté d'une femme doit être dans ses yeux, 
parce que c'est la porte d'entrée de son coeur 
- la place où l'amour réside."
Toutes les Femmes sont Belles.
Auteur inconnu






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Message  roberto > Hier à 8:17

L'histoire du jour.... 441



Bonhomme sept heures



Selon une légende québécoise, le bonhomme sept heures enlève les enfants qui ne sont pas au lit à sept heures du soir. Il se cache sous le perron de la maison et, entrant masqué dans la maison, il met les enfants dans une grande poche avant de s'enfuir avec eux.

Mais d'où vient cette expression "bonhomme sept heures"?
L'expression "bonhomme sept heures" serait en fait une déformation  de l'expression anglaise "bone setter". Un "bone setter" est en fait un "ramancheur", une personne qui replace les articulations démises ou qui fait des manipulations pour guérir les maux de dos par exemple.
Lorsque dans une famille on faisait venir le "bone setter", souvent la personne traitée gémissait, grinçait des dents ou criait de douleur ce qui faisait très peur aux enfants présents. Plus tard lorsque ceux-ci ne voulaient pas obéir, on les menaçait du "bone setter". Au Québec francophone, le "bone setter" est devenu le "bonhomme sept heures".
Cette expression n'a plus cours aujourd'hui au Québec. Il en faut bien plus pour faire peur aux enfants de la génération Nintendo.
Auteur(e) inconnu(e)


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